Le Dr Price est chirurgien-dentiste spécialisé en prothèse et directeur de la dentisterie numérique à l'Université Dalhousie à Halifax au Canada. (Image : Richard Price)
Ivoclar Vivadent

By Ivoclar Vivadent

mar.. 4. janvier 2022

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Les nouvelles Bluephase PowerCure et G4 d’Ivoclar Vivadent offrent plus que ce que la plupart des praticiens attendent d’une lampe à photopolymériser haute performance. En plus des temps de polymérisation courts, à partir de seulement trois secondes pour Bluephase PowerCure lorsqu’elle est utilisée avec Tetric PowerFill ou Tetric PowerFlow, ces deux lampes présentent des performances de polymérisation fiables, grâce à la technologie Polyvision intégrée, qui agit comme un assistant personnel de polymérisation. Comme le souligne le Dr Richard Price, professeur à l’Université Dalhousie de Halifax en Nouvelle-Écosse (Canada) et expert en polymérisation intra-orale, le large spectre d’émission des lampes de la gamme Bluephase permet de polymériser toutes les résines dentaires connues. 

Dr Price, vous avez joué un rôle déterminant dans la recherche sur les technologies des lampes à photopolymériser. Pourriez-vous nous faire part de vos réflexions sur les défaillances de polymérisation et leurs effets potentiels sur le taux de succès  clinique ?
Je vous remercie de me donner l'occasion de parler de la sous-polymérisation des résines dentaires. Le problème, tel que je le vois, est que la plupart des dentistes n'ont jamais eu d'enseignement sur l'importance d'une photopolymérisation adéquate ni sur les critères de choix d’une bonne lampe à photopolymériser. Même la lampe la moins chère et la technique la plus négligée produiront une restauration en résine qui sera dure au toucher. Le problème est que le praticien ne peut pas déterminer si la polymérisation est correcte en profondeur. Une restauration insuffisamment polymérisée est moins résistante et plus susceptible de se fracturer, les valeurs d'adhésion à la dent sont réduites, voire inexistante, des sensibilités postopératoires apparaissent, la stabilité de teinte est compromise et davantage de produits chimiques sont libérés dans l'organisme. Tous ces effets indésirables sont dus à une mauvaise photopolymérisation, et chacun d'entre eux doit être évité.

Bluephase PowerCure. (Image: Ivoclar Vivadent)

Quelles sont les principales caractéristiques des lampes à photopolymériser à prendre en considération ?
Les lampes à photopolymériser sont définies comme des dispositifs médicaux, et seuls les dispositifs médicaux approuvés doivent être utilisés sur les patients. Les lampes à photopolymériser Ivoclar Vivadent sont non seulement des dispositifs médicaux approuvés, mais elles sont également fonctionnelles, ergonomiques, fiables et testées de manière approfondie selon les normes internationales. En outre, le large spectre d'émission des lampes Bluephase signifie qu'elles polymérisent toutes les résines dentaires et tous les systèmes adhésifs connus.

Quelles sont les principales caractéristiques de Bluephase PowerCure que les cliniciens trouveront utiles ?
En plus de la nouvelle technologie Polyvision, la puissance et l'irradiance élevées de la lampe permettent de polymériser les restaurations directes en composite comme les restaurations indirectes. Selon l'épaisseur de la restauration indirecte, la lampe peut photopolymériser le composite de collage utilisé pour coller la plupart des restaurations indirectes. J'aime utiliser les programmes à haute intensité lumineuse pour photopolymériser la résine sous mes restaurations indirectes et les programmes de puissance normale pour mes restaurations directes en composite.

La technologie brevetée Polyvision est décrite comme un assistant personnel de polymérisation intégré. Comment cela fonctionne-t-il ?
La fonction Polyvision doit aider les praticiens à obtenir des résultats de polymérisation fiables en détectant automatiquement tout mouvement indésirable de l’embout lumineux de la lampe par rapport à la dent. Dans ce cas, elle alerte l'opérateur par des vibrations ou un signal sonore et augmente ou interrompt automatiquement le cycle de polymérisation.

« Dans ce cas, elle alerte l'opérateur par des vibrations ou un signal sonore et augmente ou interrompt automatiquement le cycle de polymérisation »

Les chirurgiens-dentistes doivent-ils mesurer régulièrement l’irradiance de leurs lampes ? Un radiomètre intégré est-il utile ?
Les fabricants déclarent souvent que leur lampe a une irradiance élevée. C'est peut-être vrai, mais la puissance produite peut être malgré tout plutôt faible. Comment cela est-il possible ? Je pense que la façon dont les normes internationales sont rédigées est à l'origine d'un problème important dans la description des lampes. Ces normes exigent que le fabricant mesure la puissance totale de la lampe et divise ensuite cette puissance par la surface de l’embout lumineux. Cela signifie que pour fournir la même irradiance, une lampe avec en embout lumineux de 7 mm de diamètre ne doit produire que la moitié de la puissance d'une lampe avec un embout lumineux de 10 mm de diamètre (la surface d’un embout de 7 mm de diamètre étant la moitié de celle d'un embout de 10 mm).  En outre, cette méthode fournit une seule valeur irradiance, qui est une valeur moyenne sur la surface de l’embout ; or, il y a souvent des points chauds  avec une irradiance élevée et des zones où l'irradiance est plutôt faible sur la surface de l’embout lumineux. Je vois cela tout le temps avec les lampes bon marché.

En revanche, la gamme actuelle de lampes Bluephase offre un rendement lumineux exceptionnellement uniforme. Certaines versions de Bluephase comprennent également un radiomètre intégré à la base de chargement, ce qui permet de tester facilement et contrôler quotidiennement l’irradiance de la lampe. Je sais que cela peut sembler inutile à certains, mais si vous ne testez votre lampe qu'une fois par semaine ou par mois, que ferez-vous lorsque la lampe échouera au test, car elle échouera à un moment donné ? Allez-vous rappeler et refaire toutes les restaurations que vous avez effectuées depuis le dernier test réussi ?

Le Dr Richard Price. (Image: Ivoclar Vivadent)

Pouvez-vous nous conseiller sur la bonne technique de polymérisation à adopter ?
Pour la photopolymérisation, je recommande les étapes suivantes :

  1. Tout d'abord, lisez le mode d'emploi de la lampe à photopolymériser et de la résine que vous utilisez. Par exemple, le temps d'exposition de 3s sur la Bluephase PowerCure ne doit être utilisé qu'avec les composites Tetric PowerFill et Tetric PowerFlow d'Ivoclar Vivadent. Le mode d'exposition de 3s ne s'applique pas à toutes les résines.
  2. Identifiez ce que vous voulez polymériser. Je sais que cela semble évident, mais j'ai souvent vu l'assistante tenir la lampe à photopolymériser au-dessus de la mauvaise dent, au moins pendant une partie du temps d'exposition.
  3. Placez l’embout lumineux perpendiculairement et directement au-dessus de la restauration, et non pas en biais. La lumière se déplace en ligne droite ; elle ne compense pas par magie une mauvaise orientation de l’embout lumineux.
  4. Pour une restauration directe, commencez la polymérisation à quelques millimètres de la surface afin de ne pas aplatir la belle anatomie que vous avez créée. Ensuite, comme la surface sera dure au bout d'une seconde, approchez l’embout lumineux aussi près que possible de la restauration et maintenez-le au-dessus. Utilisez les deux mains si nécessaire pour maintenir l’embout lumineux au-dessus de la restauration.
  5. Regardez ce que vous faites à travers des lunettes de protection ou un écran orange et maintenez l’embout lumineux au-dessus de la restauration.
  6. Suivez les instructions du fabricant du matériau et effectuez la photopolymérisation pendant le temps d'exposition recommandé.

Avez-vous d'autres conseils à donner pour aider les cliniciens dans leur photopolymérisation ?
Pour les cas de classe II, je polymérise également les faces vestibulaire et linguale après avoir retiré la matrice.

J'utilise à la même technique pour les restaurations indirectes, mais j'ai d’abord recours à une photopolymérisation flash, je nettoie l'excès de colle, puis je photopolymérise en maintenant l'embout en contact avec la restauration.

Désinfectez la lampe en utilisant le désinfectant recommandé par le fabricant. Certains désinfectants peuvent endommager la lampe.

Vérifiez que l'extrémité de la lampe à photopolymériser est propre et ne présente pas d'éclats, de fissures ou de résine polymérisée. L'utilisation d'une housse hygiénique sur la lampe contribue au contrôle des infections et empêche les résines de coller sur la lampe. Cependant, lorsqu'une housse hygiénique est placée sur l'embout de la lampe Bluephase PowerCure ou G4, il faut faire très attention pour un fonctionnement optimal de la technologie Polyvision . Dans ces cas, la meilleure option est d'utiliser les deux mains et de tenir l'embout lumineux au-dessus de la restauration et de regarder ce que vous faites.

Note éditoriale : Le Dr Price est chirurgien-dentiste spécialisé en prothèse et directeur de la dentisterie numérique à l'université Dalhousie à Halifax au Canada. Il a obtenu son BDS à l'université de Londres en Angleterre en 1979 et son DDS à la faculté de dentisterie de Dalhousie en 1988. Il a complété sa formation spécialisée à l'université du Michigan en 1984 et son doctorat en technologie orale et matériaux dentaires à l'Université de Malmö en Suède en 2001. Il participe activement à l'enseignement de la photopolymérisation et à la recherche sur les résines dentaires. Il est l'auteur de plus de 190 articles évalués par des pairs et a coécrit le chapitre sur la photopolymérisation dans la 7e édition du manuel de Sturdevant, Art and Science of Operative Dentistry.

Le Dr Price organise des symposiums sur la photopolymérisation en dentisterie. Les déclarations de consensus basées sur ces symposiums aident les dentistes à fournir les meilleures restaurations dentaires à leurs patients et ont été publiées en anglais, français, allemand, espagnol et portugais.

 

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