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L'Organisation mondiale de la santé a reconnu l’émergence des preuves de la transmission aérienne du COV-19, mais elle affirme que des recherches supplémentaires sont nécessaires. (Photo : MIA Studio/Shutterstock)

Des scientifiques affirment la transmission du Covid-19 par voie aérienne

By Jeremy Booth, Dental Tribune International
August 17, 2020

GENÈVE, Suisse : Dans le cas d’agents pathogènes aéroportés, la taille importe. Des scientifiques ont adressé une lettre ouverte à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), leur demandant de reconnaître que le virus SARS-CoV-2 pourrait se propager par des microgouttelettes de tailles suffisamment petites pour rester en suspension dans l'air pendant de longues périodes. L'OMS a répondu en reconnaissant que des preuves de transmission par voie aérienne sont en train de se confirmer, mais elle n'a pas changé ses orientations ni reconnu le potentiel de transmission par voie aérienne en dehors des hôpitaux et des cabinets dentaires.

La lettre, signée par 239 scientifiques et ingénieurs de 32 pays, citait des preuves émergentes de transmission par voie aérienne. Il y a toutes les raisons de penser que le Covid-19 pourrait être transmis par aérosols, ont affirmé les scientifiques. L'OMS n'a précédemment reconnu la possibilité de transmission par voie aérienne que dans les endroits où des procédures générant des aérosols sont utilisés, comme les hôpitaux et les cliniques dentaires.

Les orientations actuelles de l'OMS se concentrent sur les précautions qui empêchent la propagation du virus par contact étroit avec des personnes infectées, par des gouttelettes respiratoires plus grosses contenant des agents pathogènes et par contact avec des surfaces infectées. Les scientifiques ont toutefois fait valoir que ces orientations étaient insuffisantes pour protéger les personnes contre l'infection du SARS- CoV-2 par l'intermédiaire de microgouttelettes porteuses du virus dans l'air.

La lettre stipulait : « Il est entendu que la transmission aérienne du Covid-19 n'est pas encore universellement acceptée ; mais selon notre évaluation collective, il y a plus qu'assez de preuves à l'appui pour appliquer le principe de precaution. En attendant la disponibilité d'un vaccin, afin de contrôler la pandémie,  toutes les voies de transmission doivent être interrompues ».

Les auteurs ont poursuivi : « Nous craignons que l'absence de reconnaissance du risque de transmission par voie aérienne du Covid-19 et l'absence de recommandations claires sur les mesures de lutte contre le virus aéroporté n'aient des conséquences importantes [...] Cette question revêt une importance accrue maintenant, alors que les pays rouvrent leurs portes suite au confinement ».

Les auteurs ont recommandé la prise les mesures suivantes afin d'atténuer le risque posé par la transmission par voie aérienne :

  • Assurer une ventilation suffisante et efficace (fournir de l'air extérieur propre et réduire au minimum l'air recyclé), en particulier dans les bâtiments publics, les lieux de travail, les écoles, les hôpitaux et les maisons de retraite.
  • Compléter la ventilation générale par des mesures de lutte contre les infections transmises par l'air, telles que l'aspiration locale, la filtration de l'air à haute efficacité et les lampes ultraviolettes germicides.
  • Éviter le surpeuplement, en particulier dans les transports publics et les bâtiments publics.

Les responsables de l’OMS ont admis l’émergence de preuves de transmission par voie aérienne mais ont averti que ces preuves devaient faire l’objet d’une évaluation plus poussée. Le 9 juillet, l'organisme de santé a publié des directives actualisées sur le rôle des gouttelettes en suspension dans l'air dans la transmission du Covid-19, dans lesquelles il est indiqué : « Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer s'il est possible de détecter le Covid-19 dans des échantillons d'air provenant de milieux où aucune procédure générant des aérosols n'est effectuée et quel rôle les aérosols pourraient jouer dans la transmission. »

Covid-19 : Le grand problème des petites particules

La taille des particules est le facteur le plus important pour déterminer le comportement des aérosols, selon une revue de la littérature scientifique du Dr Kevin P. Fennelly sur les aérosols Particle sizes of infectious aerosols: implications for infection control, publiée en ligne le 24 juillet 2020 dans le journal Lancet Respiratory Medicine.

L'étude souligne que les politiques traditionnelles de contrôle des infections sont basées sur le principe que les infections respiratoires sont transmises par des gouttelettes contenant des agents pathogènes de taille supérieure à 5 μm. La transmission par voie aérienne est associée à des particules plus petites qui ont une taille inférieure à 5 μm. Contrairement aux grosses gouttelettes qui sont générées par la toux ou les éternuements, les particules produites par la parole ou l'expiration sont petites, immédiatement respirables et restent en suspension dans l'air pendant une période plus longue, parcourant ainsi de plus grandes distances. Jusqu'à présent, on pensait que la transmission par voie aérienne ne se produisait que pour la tuberculose et un petit nombre d'autres agents pathogènes.

Le Dr Fennelly a constaté que « les aérosols infectieux provenant des humains existent dans une large gamme de tailles de particules qui sont étonnamment cohérentes d'une étude à l'autre, d'une méthode à l'autre et d'un agent pathogène à l'autre ». Il a déclaré : « Il n'y a pas de preuve pour soutenir le concept selon lequel la plupart des infections respiratoires sont associées principalement à la transmission de grosses gouttelettes. En fait, les aérosols de petites particules sont la règle, plutôt que l'exception, contrairement aux directives actuelles ».

L'analyse a conclu que les données s'accumulent et montrent que le Covid-19 est transmis à la fois par de petites et de grosses particules des aérosols. Ces données, a constaté le Dr Fennelly, soutiennent les appels à la reconnaissance de la transmission du Covid-19 par aérosols et à l'utilisation de contrôles environnementaux tels que la désinfection de l'air dans les lieux de rassemblement.

 

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