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De gauche à droite : Jacques-Olivier Pers, recherche ; Anne Longuet-Tuet, restauration ; Régis Negre, vie professionnelle ; Fabienne Pérez, endodontie ; Georges Khoury, chirurgie Orale ; Xavier Struillou, directeur scientifique 2022 ; Elsa Garot, pédodontie/orthodontie ; Christian Verner, comité de pilotage ; Brenda Mertens, parodontologie ; Christophe Azevedo, traitement de l'édentement (Photo : Faust Favart)
Bénédicte Claudepierre, Dental Tribune France

By Bénédicte Claudepierre, Dental Tribune France

mar. 15 mars 2022

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Directeur scientifique du congrès de l’Association dentaire française (ADF) 2022, Xavier Struillou s’est entouré de professionnels de la santé bucco-dentaire, experts de leur discipline, pour élaborer un programme de formation au plus près de la pratique clinique. Dental Tribune France s’est entretenu avec lui pour connaître son cursus et le futur programme du congrès.

Xavier Struillou (Photo : Faust Favart)

Vous avez été nommé directeur scientifique et je vous en félicite. Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?
J'ai exercé dix ans en omnipratique et depuis une vingtaine d’années je suis établi en exercice exclusif en parodontologie et implantologie et j’occupe un poste à mi-temps de maître de conférences en parodontologie à la faculté de Nantes. Par ailleurs, j’ai occupé de nombreux postes depuis une trentaine d’années au sein de la Société française de parodontologie et d’implantologie orale, la SFPIO, et j’en ai assuré la présidence pendant quatre ans. Je fais partie du conseil d’administration de l’Association dentaire française (ADF) depuis dix ans où je représente la société de parodontologie. Depuis cinq ans, je suis membre de la Fédération européenne de parodontologie, fédération que j’ai présidée jusqu’en mars 2021.

J’ai donc une activité à mi-temps hospitalière et mi-temps libérale avec mon exercice en cabinet. Cet équilibre me convient le mieux car j’ai toujours voulu garder un lien avec l’université et avec l’enseignement. J’enseigne à des étudiants de 2e et 3e cycles et suis responsable du CES de parodontologie, j’en suis ravi. J’ai été très honoré de cette nomination de directeur scientifique du congrès de l’ADF 2002, car je suis fortement attaché à l’ADF et très fier que ce congrès unique en son genre soit français.

Qu’est ce qui selon vous fait la force du congrès de l’ADF ?
Je considère le congrès de l’ADF unique au niveau européen, il n’y a aucun autre congrès qui propose un tel programme scientifique si diversifié et de si grande qualité avec un tel espace d’exposition. Durant ces journées, le congrès de l’ADF forme 5 000 personnes. Le fait de pouvoir se former sur un même lieu en une semaine, sur des domaines de l’odontologie si diversifiés et ce dans un cadre convivial ,et avec un gradient allant des fondamentaux à des séances beaucoup plus pointues, plus techniques, est vraiment unique et très envié par les confrères internationaux. Le côté généraliste fait vraiment la force de ce congrès, par sa taille et par la diversité des matières proposées. De plus, la qualité de l’organisation est irréprochable. Les personnes du comité sont des gens de passage, pour une année, mais l’équipe organisationnelle, le comité de pilotage et le personnel responsable de la gestion des travaux pratiques sont permanents, véritablement passionnés et maîtrisant parfaitement leur sujet. Ils contribuent à la réussite de chaque congrès.

C’est un vrai plaisir de préparer le programme. Le comité scientifique est encadré, accompagné. Ceci permet d’aboutir à un produit fini d’un sérieux et d’une rigueur exceptionnels. Les référents scientifiques, Laurent Gineste, Régis Negre, Christian Verner, sont d’une aide extrêmement précieuse. L’idée d’organiser ce congrès toujours la dernière semaine de novembre sur le même site, l’a rendu incontournable et très attendu. C’est un moment où les praticiens se retrouvent pour se former mais aussi pour passer un moment ensemble.

De quelle manière avez-vous constitué votre comité ?
Tous les experts sont des personnes qui ont un objectif commun, le partage, la passion. Et ce en toute simplicité. Le comité a été choisi en discussion avec le comité de pilotage. Une fois défini, j’ai laissé chaque expert responsable de son domaine. Mon rôle a été d’arbitrer pour équilibrer entre les différentes matières.

« Même pointu scientifiquement, le message se doit de lui être accessible et applicable dans sa pratique quotidienne. »

Quand est-ce que le programme sera édité et aviez-vous des exigences particulières données à votre comité ?
Le programme va être finalisé dans les jours qui viennent. Cela s’est fait avec trois réunions plénières, en toute sympathie. Mes exigences portaient sur la parité libéral/hospitalier et homme/femme. Selon les spécialités cela a été plus ou moins compliqué mais dans l’ensemble le comité a rempli ces deux conditions. J’ai également souhaité que les séances soient ouvertes à des conférenciers jeunes, âgés d’une quarantaine d’années.

En tant que professeur, avez-vous souhaité des actions particulières pour les étudiants ?
Depuis plusieurs années, l’ADF favorise l’accès aux étudiants T1 par une inscription simplifiée, moins coûteuse et privilégiée. Pour ma part, je les considère comme des praticiens à part entière, pouvant faire le choix parmi tout le programme proposé, selon l’orientation qu’ils souhaitent donner à leur pratique. Ils vont découvrir d’autres intervenants et cela est vraiment important qu’ils entendent d’autres sources que leurs professeurs.

Le congrès de l’ADF est une machine rodée depuis de nombreuses années avec différents formats de débats et travaux pratiques, y aura-t-il des changements au niveau de la structure, des nouveautés au niveau du programme ?
Le congrès de l’ADF est un évènement généraliste destiné à l’omnipraticien. Même pointu scientifiquement, le message se doit de lui être accessible et applicable dans sa pratique quotidienne. Pour le praticien, c’est une occasion de clarifier ses idées sur certains points et de pouvoir modifier ses habitudes, de faire évoluer au fur et à mesure la pratique de son cabinet. Lors du congrès de l’ADF, l’offre est tellement vaste que le praticien peut approfondir une matière une année et choisir une autre, l’année suivante. Certaines séances font partie de chaque édition de congrès, car très vite complètes, elles répondent à une demande toujours présente. C’est notamment des TP sur les facettes ou en parodontie avec utilisation d’ultrasons.

Depuis quelques années, les caméras optiques sont très demandées, il y a quelques années c’était l’imagerie 3D, cette pratique tendait à se démocratiser dans les cabinets. Préalablement c’était l’endo mécanisé car tous les praticiens sont passés à ce système et il a fallu les former. Actuellement, l’outil numérique est particulièrement traité car il va révolutionner toute la prothèse. Mais à l’ADF, les fondamentaux avec des séances de remise à jour en parodontie, chirurgie, dermato-buccale, sont heureusement toujours présents. C’est un congrès d’omnipraticiens qui viennent chercher des réponses aux questions des plus communes aux plus complexes. et notre rôle est d’apporter ces informations.

Depuis quelques années, les formats de trois heures ont diminué, et j’ai encore baissé le nombre en privilégiant les séances d’une heure et demie, elles sont à mon sens plus incisives et correspondent plus à l’attente des gens.

Les démonstrations TV et des conférences prestiges resteront des formats de trois heures, mais on a favorisé les grands débats, des formats battles. On a vraiment développé ces schémas plus modernes plus rythmés avec plus d’interactivité, qui attirent des conférenciers plus jeunes.

Je suis très attaché au compagnonnage en médecine, le summum de la transmission c’est que l’élève dépasse le professeur. J’ai voulu donner un espace d’expression à la plus jeune génération, plus à même de parler des évolutions numériques et qui feront, j’en suis sûr, de très belles séances vraiment rythmées. Le rôle du comité scientifique c’est aussi d’équilibrer un programme sur la semaine et non plus le condenser sur le jeudi comme c’était la tradition de par le passé.

Le congrès de l’ADF 2021 était particulièrement réussi et je me réjouis de participer à l’organisation de cette nouvelle édition qui sera, je l’espère, sans masque.

Le rendez-vous est donné : Palais des congrès de Paris, du 22 au 26 novembre 2022.

ADF congress

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