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La langue géographique : de nouvelles découvertes

La langue géographique est une maladie bénigne de la langue qui provoque des taches rouges sur la surface de la langue et évoluent dans certains motifs telles une carte géographique . (Photo : Angel Simon/Shutterstock)
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lun. 20 avril 2015

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REHOVOT, Israel : Les physiciens de l'Institut Weizmann en Israël ont clarifié la dynamique complexe qui sous-tend une condition de la langue qui a intrigué le milieu médical depuis des décennies. Appelée glossite migratoire bénigne ou langue géographique (GT), cette maladie affecte environ 2 pour cent de la population mondiale et se caractérise par l'évolution des plaques rouges sur la surface de la langue ressemblant à une carte géographique.

La langue géographique, encore appelée glossite migratrice bénigne, est une affection bénigne, parfois associée à un psoriasis ou à un eczéma. Principalement situées dans les deux-tiers antérieurs de la langue, des petites plaques érythémateuses bordées d’un liseré blanchâtre apparaissent en raison de la perte de l'un des quatre types de papilles gustatives dites filiformes, minuscules excroissances ressemblant à des cheveux couvrant la surface de la langue. Ces lésions régressent spontanément mais récidivent volontiers. Malgré des recherches approfondies, la cause exacte de la GT reste inconnue.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont effectué un certain nombre de simulations numériques, permettant d´examiner de manière approfondie et de visualiser le développement du GT. Ils ont ainsi conçu une nouvelle façon de déterminer la gravité des cas individuels. « Basés sur les configurations caractéristiques observées, nous espérons que ces résultats pourront être utilisés par les médecins comme un moyen pratique d'évaluer la gravité de l'état de leurs patients » a déclaré auteur principal de l'étude, le Dr Gabriel Seiden, chercheur à l'Institut Weizmann à Rehovot en Israël.

En étudiant la dynamique des plaques d'inflammation, c'est-à-dire leur forme et leur évolution au fil du temps, les chercheurs ont ainsi démontré qu'il existerait au moins deux types de langue géographique. Sous sa première forme, l'inflammation apparaît en petits cercles qui s'étendent en gardant cet aspect circulaire. Tout comme un feu peut se propager dans une forêt mais ne peut pas revenir à un endroit brûlé avant que la végétation n´ait repoussé, les plaques rouges ne reviennent pas sur des zones déjà touchées. Au contraire, l'autre type de langue géographique se caractérise par des inflammations répétées des mêmes zones, qui peuvent persister longtemps.

« Si la propagation de petites lésions circulaires qui se déploient progressivement sur la totalité de la langue guérissent ensuite, la propagation des motifs en spirale implique une excitation continue, auto-entretenue recouvrant des mêmes régions. Ceci implique une situation plus sévère qui durera pendant une période plus longue, » a expliqué Seiden.

Selon les chercheurs, tout comme le développement des incendies de forêt peut être fortement affecté par des facteurs extérieurs, comme la force du vent, les conditions environnantes de la langue peuvent avoir des conséquences importantes pour la dynamique de la GT.

Dans leur étude, les chercheurs prennent comme exemple le cas d´un un garçon d´un an qui a développé à plusieurs reprises un GT comprenant des lésions caractéristiques adjacentes aux dents en croissance, en bordure de la langue. Le frottement continu de la langue contre la gencive peut donc être le déclenchement de cette situation.

« Nous avons l'intention d´aller plus loin, de collaborer avec les médecins et les dentistes qui traitent des patients GT afin d´obtenir les précieux — et souvent rares — données empiriques concernant l'évolution dynamique de cet état, » conclu Seiden. « Cela permettra d'autres explorations quantitatives du GT et pourra éventuellement nous amener à une compréhension plus ferme de ce qui provoque cette situation. »

L'étude, intitulée «The tongue as an excitable medium», a été publiée en ligne dans le New Journal of Physics, le 31 mars.

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