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Le dentifrice fluoré : « médicament essentiel » pour la santé

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Selon l’UFSBD, le coût d’ un kit dentifrice et brosses à dents revient à 24 euros par année et par personne, le coût du traitement d’une carie moyenne, conséquence d’une mauvaise hygiène dentaire revient au minimum à 50 euros. (Photo : Shutterstock / StudioLaMagica)
Dental Tribune France

By Dental Tribune France

lun. 28 mars 2022

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À l’occasion de la journée mondiale de la santé bucco-dentaire, l’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire a réaffirmé dans un communiqué de presse l’importance de la bonne dose de fluor dans le dentifrice et préconise trois mesures simples : le dosage minimum en fluor des dentifrices, une TVA à 5,5 % et un remboursement sur prescription pour certaines personnes vulnérables.

L'introduction du fluor comme agent anti-caries dans les dentifrices date de 1947. Minéral (fluorure de sodium, mono-fluorophosphate de sodium...) ou organique (Olaflur), le fluor s'est imposé peu à peu dans toutes les formules de dentifrice. Son incorporation a permis de réduire de façon considérable la prévalence de la carie dentaire dans le monde, notamment grâce aux ions fluorures qui sont réellement actifs.

Son effet est antiseptique inhibiteur des bactéries cariogènes. Un effet reconnu, démontré par une multitude d’études robustes, soutenu et porté aussi par l’OMS qui en reconnait l’apport inestimable, au travers de l’inscription récente du dentifrice au fluor dans sa liste des « Produits Essentiels de Santé ».

Fluor, l’important, c’est la dose

Selon les données acquises de la science les plus récentes. Les dosages de fluor doivent varier selon l’âge et le risque carieux de chaque patient. Or, les dernières recommandations de la Haute Autorité de Santé sur le sujet datent de 2010. Les dosages retenus à l’époque sont désormais obsolètes, trop faibles pour assurer un rôle protecteur pour les enfants. Un dentifrice fluoré n’est efficace qu’à partir de 1000 ppm et ce n’est pas le cas dans les recommandations des autorités françaises. Pour l’UFSBD, il est urgent de réévaluer les recommandations des autorités françaises.

Produit(s) de première nécessité, une TVA adaptée

Le brossage des dents est un acte de prévention primordial, reconnu par la Haute Autorité de Santé (HAS), pour la préservation de la santé bucco-dentaire et, au-delà, de la santé générale de l’individu. Une mauvaise hygiène dentaire est la principale cause de pathologies bucco-dentaires qui vont augmenter les facteurs de risques de nombreuses pathologies graves ou lourdes : diabète, maladies cardiovasculaires et AVC, polyarthrite rhumatoïde…

Pour une bonne hygiène bucco-dentaire et selon les chiffres de l’UFSBD, six tubes de dentifrice sont nécessaires chaque année par personne. En réalité, seuls 3,6 tubes sont consommés actuellement en France. L’utilisation de quatre brosses à dents par an et par habitant est recommandée,  seules 2,2 sont utilisées, en moyenne, en France.

Récemment, l'État a réduit la TVA  à 5,5 % sur certains produits de première nécessité notamment sur les protections hygiéniques féminines pour répondre au phénomène de précarité menstruelle. L’UFSBD souhaite que ce même taux de TVA soit appliqué pour les dentifrices fluorés et les brosses à dents. Ceci « enverrait un message fort présentant ces produits non comme cosmétiques ou accessoires, mais bien comme outils de santé, de première nécessité, indispensables et accessibles comme l’indique l’OMS. » retrouve-t-on dans le communiqué de presse

Remboursement sur prescription : une question d’équité

L’UFSBD dans son communiqué a fait état de : « 20 % des enfants qui cumulent 80 % des besoins en soins bucco-dentaires sont en fait souvent issus des milieux modestes voire défavorisés, ayant un faible pouvoir d’achat avec un impact direct sur l’accès à des produits d’hygiène bucco-dentaire. » Ces personnes fragiles et défavorisées, certaines fois isolées, âgées ou en situation d’handicaps se retrouvent éloignées de l’accès à la santé.

Pour réduire cette précarité dentaire, l’UFSBD plaide ainsi pour le remboursement ciblé des dentifrices fluorés ou à haute, voire très haute, teneur en fluor en fonction des risques individuels, et limité à des populations spécifiques :

  • personnes bénéficiant de la complémentaire santé solidaire ;
  • personnes à haut risque carieux – personnes dépendantes, personnes en situation de handicap, personnes polycariées ou présentant des risques professionnels.

Il serait nécessaire d’accompagner cette mesure par un travail pédagogique. Ces deux éléments enverraient un signal fort et pourraient déboucher sur un triple bénéfice. D’une part, cela permettrait de lever le frein du coût de l’achat. Ensuite, cela contribuerait à changer le regard sur la place de l’hygiène bucco-dentaire en revalorisant son rôle clé : remboursé par l’Assurance Maladie, le dentifrice fluoré s’imposerait culturellement comme un véritable produit de santé. Enfin, pour bénéficier de ce remboursement, sa prescription par un chirurgien-dentiste serait nécessaire.

Selon l’UFSBD, cette mesure serait un moyen de « créer un cercle vertueux, en instaurant un suivi régulier nécessaire au renouvellement de la prescription. »

 

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