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Il est temps de rouvrir les cliniques dentaires, préconise l’ESCD

La Société européenne de dentisterie esthétique (European Society of Cosmetic Dentistry) affirme qu'une bonne santé bucco-dentaire jouera un rôle clé dans le maintien de la santé des populations pendant la pandémie de SRAS-CoV-2. (Photo : Chanawin Tepprasitsakda/Shutterstock)
By Jeremy Booth, DTI
May 11, 2020

VIENNE, Autriche : Pour le Dr Florin Lazarescu, président de la Société européenne de dentisterie esthétique (ESCD), il est urgent que les cabinets dentaires recommencent à fournir toute la gamme de soins bucco-dentaires. L'organisation a étudié l'impact de la pandémie de SRAS-CoV-2 sur la santé dentaire, et de l’avis du Dr Lazarescu, les dentistes ont une obligation éthique de reprendre le traitement de leurs patients et une obligation personnelle de maintenir leur cabinet dentaire à flot.

Une semaine est une longue période en politique, mais deux mois peuvent être une éternité en matière de santé bucco-dentaire. Des mesures strictes de santé publique adoptées à différents stades en mars ont obligé les cabinets dentaires à fermer leurs portes dans toute l’Europe, sauf pour les soins d'urgence. Maintenant que les taux d'infection par le SRAS-CoV-2 ont commencé à se stabiliser dans de nombreux pays, le Dr Lazarescu a déclaré à Dental Tribune International que l'ESCD considère désormais que la réouverture des cliniques dentaires est urgente.

Le Dr Florin Lazarescu, président du ESCD. (Photo : Société européenne de dentisterie esthétique)

« D'un point de vue éthique, nous sommes des professionnels de santé et notre priorité va à nos patients et à leurs besoins », a-t-il expliqué. « Au-delà des seuls traitements d'urgence, les interruptions de « workflow » peuvent entraîner des complications et des taux échecs plus importants. De plus, une cavité buccale saine est le meilleur bouclier immunitaire et réduira assurément le risque de passage d'organismes pathogènes dans le corps. Ensuite, il y a l'aspect financier : nous sommes responsables de la pérennité de nos entreprises dentaires, du maintien des emplois des membres de nos équipes et – dernier point et non des moindres - du soutien de nos techniciens dentaires et de nos fournisseurs ».

« D'un point de vue éthique, nous sommes des professionnels de santé et notre priorité va à nos patients et à leurs besoins », a-t-il expliqué. « Au-delà des seuls traitements d'urgence, les interruptions de « workflow » peuvent entraîner des complications et des taux échecs plus importants. De plus, une cavité buccale saine est le meilleur bouclier immunitaire et réduira assurément le risque de passage d'organismes pathogènes dans le corps. Ensuite, il y a l'aspect financier : nous sommes responsables de la pérennité de nos entreprises dentaires, du maintien des emplois des membres de nos équipes et – dernier point et non des moindres - du soutien de nos techniciens dentaires et de nos fournisseurs ».

Les cliniques dentaires sont-elles en mesure de rouvrir si cela était autorisé ?

Ce n'est pas si simple, selon le Dr Violeta Claus, présidente de l’ESCD au Luxembourg. « Certains de nos collègues - en France, par exemple - ne peuvent pas redémarrer faute d'équipements de protection individuelle (EPI). Au moment de notre enquête, la plupart de nos collègues n'avaient reçu aucun EPI de leur gouvernement, de leur association dentaire ou de leur service de santé ».

Le Dr Violeta Claus est la présidente de l’ ESCD pour le Luxembourg. (Photo : Société européenne de dentisterie esthétique)

Les dentistes de seulement cinq des 37 pays étudiés ont reçu des équipements dans la première phase de leur confinement respectif, a expliqué le Dr Claus. Davantage de matériel est désormais disponible, mais il faut tenir compte de la formation du personnel à la mise en œuvre des protocoles de sécurité, des changements administratifs et des nouveaux flux de travail. « Cela nécessiterait un temps de préparation supplémentaire, qui dépendra de la taille de l'équipe et des protocoles de sécurité déjà mis en œuvre », a-t-elle déclaré.

En outre, les ressources humaines sont une condition préalable essentielle à la réouverture des cabinets dentaires. Le Dr Claus a ajouté :  « Une équipe saine, motivée et engagée est un aspect crucial pour le retour à la clinique dentaire. Les routines seront désormais différentes, le risque d'infection et de contamination croisée plus élevé, et avec cela, il y aura clairement une plus grande responsabilité pour toute l'équipe ».

Surmonter les obstacles à la reprise des traitements dentaires non-urgents

La société ESCD a également compilé des données sur la disponibilité des aides financières. Selon le Dr Lazarescu, même les cabinets situés dans des pays qui ne les ont pas obligés à fermer (comme l'Autriche, la Belgique, l'Allemagne et la Serbie) ont vu leur nombre de patients et leurs revenus diminuer de manière significative. Ces cabinets sont eux aussi confrontés à de sérieux problèmes, notamment un important arriéré de rendez-vous et de soins non urgents.

« Les membres de l'ESCD attendent maintenant des patients en situation d'urgence, dont le traitement a été interrompu notamment en endodontie, prothèses temporaires, entretien parodontal, rendez-vous de suivi et poursuite du traitement orthodontique. Ce sera un défi d'organiser le planning quotidien en ce qui concerne la priorité des traitements et les règles de sécurité », a commenté le Dr Lazarescu,

Les cliniques devront développer un calendrier et un plan de consultation des patients et de traitement en cas de deuxième vague du virus

Selon le Dr Claus, les cliniques devront surmonter d'autres obstacles, à savoir l'insécurité quant à l'avenir des soins dentaires pour les propriétaires de cabinets, les associés et le personnel, et la nécessité de regagner la confiance des patients dans les milieux dentaires. Mais les aspects financiers sont importants.  « De nombreux cabinets dentaires devront également surmonter un manque de ressources financières et des difficultés de planification financière et de trésorerie ». La motivation sera un élément majeur, a poursuivi le Dr Claus, et les cliniques devront élaborer un calendrier et un plan à long terme pour accueillir les patients et pour leur fournir un traitement en cas de seconde vague du virus, ainsi que pour les fermetures et les mesures de santé publique qui en découleraient.

« Il sera essentiel pour les équipes dentaires de comprendre la nouvelle façon de gérer un cabinet qui prend en compte tous les aspects concernant les différentes étapes de la pandémie de SRAS-CoV-2 jusqu'à ce qu'une immunisation de masse et/ou une vaccination soit disponible », a-t-elle affirmé.

Les cliniques dentaires devraient être impliquées dans le dépistage du virus chez les patients, a déclaré le Dr Lazarescu. Lorsqu'on lui a demandé quel conseil il donnerait aux dentistes qui envisagent actuellement de rouvrir leurs cliniques, il a simplement répondu : « À notre avis, ils devraient le faire ».

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