Dental Tribune France
Un porte-parole de l'OMS a déclaré à Dental Tribune International que les conseils de retarder les soins bucco-dentaires non urgents visent à protéger les patients et le personnel dentaire pendant la pandémie de la COVID-19. (Photo : F.Schmidt/Shutterstock)

L’OMS demande le report de tous les soins dentaires non urgents

By Jeremy Booth, Dental Tribune International
August 31, 2020

GENÈVE, Suisse : L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que les milieux dentaires pourraient présenter un risque de propagation de la COVID-19 encore plus grand qu'on ne le pensait auparavant, en raison de la propagation du virus par les microparticules aéroportées. Selon l’organisation, les examens dentaires de routine devraient être retardés afin de protéger les patients et le personnel dentaire ; cependant, des associations dentaires ne partagent pas la même opinion.

« Les orientations de l'OMS recommandent, en cas de transmission dans la communauté, de donner la priorité aux cas bucco-dentaires urgents ou en situation de crise, d'éviter ou de réduire au minimum les procédures susceptibles de générer des aérosols, de donner la priorité à un ensemble d'interventions cliniques réalisées à l'aide d'un outil et, bien entendu, de retarder les soins bucco-dentaires de routine non essentiels », a déclaré le Dr Benoît Varenne, dentiste à l'OMS, lors d'une conférence de presse le 12 août.

Le Dr Varenne a expliqué que la probabilité que la COVID-19 soit transmise par un aérosol, des microparticules ou des particules en suspension dans l'air était inconnue :  « On peut au moins se poser la question. Cela signifie qu'il faut poursuivre les recherches ».

La recommandation de retarder les soins non essentiels fait partie des nouvelles orientations provisoires de l'OMS, qui indiquent également que les cliniques dentaires doivent disposer d'une ventilation adéquate afin de réduire le risque de propagation du virus dans les espaces intérieurs. Ces nouvelles orientations ont été publiées suite à la redaction d’ une lettre de la communauté scientifique (datée du 6 juillet) demandant à reconsidérer la manière dont le SARS-Cov-2 se propage, et l’ appel à une ventilation appropriée semble être une capitulation face à l'argument des scientifiques selon lequel la menace de transmission par voie aérienne doit être combattue par des mesures préventives, y compris par une ventilation adéquate et par l'utilisation de purificateurs d’air.

Un porte-parole de l'OMS a déclaré à Dental Tribune International que ces directives visent à protéger les patients et le personnel dentaire : « Au cours de la pandémie de la COVID-19, beaucoup d'entre nous ont eu ou auront besoin de soins dentaires. Étant donné que les prestataires de soins bucco-dentaires impliquent une communication face à face, utilisent des équipements qui génèrent des aérosols et sont par conséquent exposés à la salive, au sang et à d'autres liquides organiques, ils courent un risque élevé d'être infectés par la COVID-19 ou de transmettre l'infection aux patients ».

Le porte-parole a poursuivi : « Les orientations, publiées le 3 août, traitent des besoins et des considérations spécifiques des services essentiels de santé bucco-dentaire dans le contexte de la COVID-19, conformément aux orientations opérationnelles de l'OMS sur le maintien des services de santé essentiels ».

Certaines associations dentaires sont en désaccord avec les conseils de l'OMS

Les associations dentaires aux États-Unis et en Allemagne ont déclaré que les dentistes de ces pays devraient ignorer la recommandation de l'OMS et continuer à voir les patients pour des soins urgents et de routine.

« L'American Dental Association (ADA) est respectueusement mais fermement en désaccord avec la recommandation de l'OMS de retarder les soins dentaires de routine dans certaines situations en raison de la COVID-19 », a déclaré l'association dans un communiqué de presse. Le président de l'ADA, le Dr Chad P. Gehani, a expliqué : « La santé bucco-dentaire fait partie intégrante de la santé globale. L'odontologie est un soin de santé essentiel en raison de son rôle dans l'évaluation, le diagnostic, la prévention ou le traitement des maladies bucco-dentaires, qui peuvent affecter la santé systémique ».

« Des millions de patients ont consulté leur dentiste en toute sécurité au cours des derniers mois pour bénéficier de toute la gamme des services dentaires »

- Dr Chad P. Gehani, président de l'ADA

L'ADA a déclaré que ses directives actuelles de sécurité pour les dentistes américains - qui recommandent l'utilisation d'un niveau élevé d'EPI - étaient adéquates pour assurer la sécurité du personnel et des patients.

« Des millions de patients ont rendu visite à leur dentiste en toute sécurité au cours des derniers mois pour bénéficier de toute la gamme des services dentaires. Avec un EPI approprié, les soins dentaires devraient continuer à être dispensés lors de pandémies mondiales ou d'autres situations de catastrophe », a ajouté le Dr Gehani.

Selon diverses associations dentaires en Allemagne, la recommandation de l'OMS ne s'applique pas aux dentistes de tous les pays. Les taux d'infection par le SARS-Cov-2 en Allemagne sont encore faibles par rapport à des pays comme le Brésil et les États-Unis, a déclaré le porte-parole de l’association dentaire de Berlin (Zahnärztekammer Berlin) dans un communiqué de presse. Il a cité des études réalisées en Chine, en Italie, en Corée du Sud et en Allemagne, qui, selon lui, montrent qu'il n'y a pas de risque accru d'infection dans les cabinets dentaires si l'on utilise le bon EPI.

Le président de l’association dentaire de Berlin, le Dr Karsten Heegewaldt, a ajouté dans le communiqué de presse : « En raison du niveau élevé d'hygiène dans nos cabinets, les visites chez le dentiste sont toujours possibles. Les rendez-vous chez le dentiste doivent être maintenus à tout prix et ne pas être reportés en raison de l'importance de la santé bucco-dentaire pour la santé générale ».

Le Dr Heegewaldt a appelé les patients dentaires à ne pas se laisser troubler par l'avis de l'OMS, qu'il a qualifié de « recommandation générale, non spécifique à un pays, au détriment de la santé bucco-dentaire ».

En France, l’Ordre national des chirurgiens-dentistes a édité le 16 juillet un troisième volet du guide du soignant dans lequel il laisse la possibilité aux chirurgiens-dentistes de traiter les patients pour des soins non-urgents lorsqu’ils ne font pas partie du groupe 2. Dans cette version, l’ordre précise la classification des groupes. Un patient fait partie du groupe 2 lorsqu’il est patient COVID-19 avéré non guéri (en isolement), ou en contact étroit avec un patient COVID-19 avéré (patient en quatorzaine) ou un patient présentant des symptômes évocateurs de COVID-19 (et doit être évalué par son médecin traitant pour définir la conduite à tenir).

1 Comment

  • ROINJARD says:

    Je me sens extrèmement en sécurité au travail grâce au cumul de
    -bain de bouche initial au peroxyde d’hydrogène et protocoles d’accueil et départ
    -calbenium dans les irrigants
    -aspiration chirurgicale
    -aspiration extra-orale avec purification
    -purificateur d’ambiance ou aération permanente
    -EPI FFP2
    -Nocospray en fin de demi journée
    -Toute notre chaîne de stérilisation habituelle

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