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La 5e édition du congrès EURO IMPLANTO, un succès et un plaisir de se rencontrer à nouveau

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De gauche à droite, le Dr Philippe Brenier, le Dr Gérard Scortecci, Christian Estrosi, maire de Nice et un participant du congrès. (Photo : Dr Pascal Klopp)

Dr Renaud Petitbois, président du congrès EURO IMPLANTO qui s’est tenu à Nice du 6 au 9 avril, au Palais de la méditerranée, a lancé la cinquième édition du congrès. Très attendu après deux reports dus à la pandémie, le congrès avait pour thème : « Make implantology simple/Faire une implantologie simplifiée ». Pour le Dr Petitbois, simplifier une technique ne veut certainement pas dire la rendre simpliste. Trente-sept conférenciers étaient présents, un tiers étranger, un tiers français et un tiers niçois.

Dans sa présentation, Dr Petitbois a parlé des prérequis pour l’implantologie : ostéo-intégration, prothèses correctes, et maintenant, de plus en plus l’esthétique. Il est primordial de prendre en compte l’état général du patient et en particulier de connaître les taux de cholestérol, de vitamine D, l’usage ou non du tabac, la présence du diabète, la santé cardiaque des patients, avant de commencer tout traitement implantaire. La simplification est aussi pour le Dr Petitbois, synonyme de formation, pour utiliser de façon appropriée les évolutions qu’apportent l’informatique et le digital.

Drs Matthieu Collin et Mathieu Chautard ont présenté le concept du Pro Arch, qui permet de proposer une solution de réhabilitation simple, rapide et économique ,sans greffe osseuse et avec une mise en charge immédiate. Ils se sont intéressés particulièrement à l’option du « All-on-4 ». Établit par le Dr Paulo Malo, le concept préconise la réhabilitation des arcades édentées par le placement de quatre implants répartis sur l’arcade : deux implants postérieurs inclinés et deux implants antérieurs droits.

« Personne ne devrait mourir avec ses dents dans un verre», Per-Ingvar Brånemark. (Photo : Nathalie Schüller)

Une belle illustration de la citation de Per-Ingvar Brånemark, « No one should die with their teeth sitting in a glass » (Personne ne devrait mourir avec ses dents dans un verre), et l’idée qu’il n’est jamais trop tard pour considérer des implants, une prothèse, était la présentation d’une patiente âgée de 97 ans à qui seulement deux dents restaient. À la fin de la réhabilitation, une lettre de remerciement qui ne peut donner que la plus belle des satisfactions de pouvoir vraiment aller au-delà des résultats qui peuvent être attendus : « Je vais le mieux possible et ne vous remercierai jamais assez de m’avoir offert la passion de votre métier, en me permettant le petit bonheur de mordre dans un simple morceau de pain frais. »

Patiente de 97 ans des Drs Collin et Chautard après réhabilitation. (Photo : Nathalie Schüller)

Dr Amélie Manjot dans sa présentation « One tooth – One time » (1T1T), ou la mise en charge immédiate des implants unitaires postérieurs avec la couronne définitive, a parlé de l’avènement des technologies numériques et de l’apparition des composites CFAO, et en particulier des PICNs (céramiques hybrides), permettant de mettre en œuvre des nouvelles stratégies thérapeutiques sur dents et sur implants. Elle a présenté un protocole naît du développement de nouveaux biomatériaux, basé sur un concept biomécanique découlant de ce développement.

Dr Amélie Manjot. (Photo : Nathalie Schüller)

La littérature montre que le nombre de peri-implantites est deux fois plus important chez des patients avec des facettes d’usure liées au bruxisme. Si les charges occlusales sur l’implant sont trop importantes, elles entraîneront une perte d’os autour de l’implant. Le matériau idéal doit agir comme ressort sur le tissu dentaire.

Si on considère les pertes d’implants, il est primordial de considérer le matériau utilisé. La zircone est un matériau très solide et très rigide, mais n’a pas la capacité de se déformer. C’est aussi un matériau qui ne s’use pas et ne peut amortir les chocs. Elle n’absorbe donc pas le stress, et va tout transmettre à ce qui est en dessous : l’implant ou une dent naturelle, menant ainsi à des peri-implantites, à des fractures radiculaires. La zircone ne doit donc pas être prôner pour toutes les indications. Il n’y a pas de matériau universel et le matériau doit être choisi en fonction du cas et de ce à quoi on veut aboutir.

Les PICNs ont une rigidité située entre l’émail et la dentine. Ils ont aussi une capacité à se déformer. Sous l’effet d’un stress occlusal, ils sont capables de jouer le rôle de ressort et d’absorber les chocs, un facteur important en implantologie. Ils ont aussi l’avantage de très bien coller et sont, en termes d’adhésion, équivalent à une vitro céramique. Il est parfois nécessaire de travailler avec un matériau qui a un effet amortisseur. De cette nécessité, a expliqué le Dr Mainjot, est naît le concept 1T1T. Si un matériau est capable d’absorber les chocs alors pourquoi pas, le jour de la pose d’un implant, mettre directement la couronne d’usage sur l’implant. Grâce à ce protocole, on peut vraiment guider les tissus mous dans leur position idéale avec le design de la prothèse. Il est aussi intéressant d’avoir un matériau qui s’use comme la dent et peut s’adapter à l’occlusion.

Le 1T1T remplit bien les objectifs fixés, la simplicité, l’efficacité, les coûts réduits. Les patients sont ravis. Il est aussi possible de guider les tissus et avoir une belle cicatrisation autour de l’implant.

Le Dr Joseph Choukroun (mentionné par plus d’un des conférenciers dans leurs présentations), a voulu parler du stress oxydatif, mécanisme qui fait fondre l’os autour des implants. Tout spécialiste en implantologie sait qu’il est difficile de maintenir l’os. Les facteurs qui en sont la cause ne sont pas clairs, il est donc nécessaire de revenir à la biologie de la cellule.

On ne peut pas se passer d’antioxydants. Une personne en bonne santé a un équilibre entre la fabrication d’oxidants et d’antioxydants. Lorsque ce n’est pas le cas, on se retrouve avec un stress oxidatif, une fabrication trop importante d’oxidants. Les conséquences qui en découlent sont des cellules, membranes endommagées, qui altèrent la cicatrisation et induise une immunité qui est déficiente. Inévitablement, le nombre de complications, d’échecs, d’infections augmente.

De gauche à droite, les Drs Joseph Choukroun, Anne Benhamou, Renaud Petitbois et Alain Simonpieri. (Photo : Dr Pascal Klopp)

Les maladies inflammatoires posent des problèmes en chirurgie car elles sont un stress oxydatif. Le diabète est un stress oxydatif, l’obésité est un stress oxydatif. Le diabète on le sait, est un problème majeur, c’est une maladie inflammatoire chronique. Les fumeurs sont les patients les plus redoutés, la fumée détruit les antioxydants de la bouche et ces patients sont également déficitaires en vitamine D. À part les patients souffrant de parodontites, on a pu remarquer que ce sont ces patients qui meurent du Covid car ils sont en stress oxydatif, leur taux d’immunité est tellement réduit que leurs chances de vaincre le Covid sont extrêmement réduites.

Le rapport entre le stress oxydatif et l’os est que l’augmentation d’oxydants est l’élément critique de la physiopathologie de la résorption osseuse. Quand vous rencontrez une résorption osseuse c’est que cet os était en oxydation, et l’os se résorbe car il ne se renouvèle plus. Il est donc nécessaire d’explorer le stress oxydatif en préopératoire. La vitamine D est une hormone qui agit aussi sur toutes les cellules et est excellente pour stimuler la fabrication d’antioxydants qui, en nombres suffisants augmentent l’immunité. Un manque d’antioxydants entravera le succès de la chirurgie d’ostéo-intégration et l’os ne pourra pas être maintenu car le nombre trop élevé d’oxydants génèrera une inflammation chronique.

L’ostéo-intégration démarre par une réaction immunitaire : l’inflammation. La cicatrisation démarre avec l’inflammation. Cette inflammation est bénéfique seulement pendant cinq jours, lorsqu’elle persiste elle devient délétère car elle entraînera une production excessive d’oxydants, sera à l’origine d’un stress oxydatif et diminuera l’immunité, tout en augmentant la possibilité d’un déficit osseux. Le seul os qui se résorbe est l’os cortical car il est le seul capable de s’oxyder. L’os spongieux ne s’oxyde jamais. C’est une erreur de penser que les implants posés doivent tenir comme dans du béton. Toute compression de l’os greffé sera fatale. Un os greffé se comporte comme un os cortical.

Est-ce que la peri-implantite est une maladie immunitaire ? Oui, c’est évident, une maladie immunitaire causée par un stress oxydatif. La perte osseuse est secondaire, soit parce que l’on a trop comprimé l’os, soit parce que l’on n’a pas libéré les lambeaux, soit parce le patient a une maladie immunitaire et finalement, il y a des patients qui ont un parodonte incompétent, un parodonte qui est imperméable aux bactéries.

Plus de la moitié de la population mondiale est candidate aux péri-implantites. Pourquoi ? leur parodonte est incompétent et ne peut empêcher les bactéries de rentrer. Si elles rentrent elles vont résorber l’os, quel que soit l’implant utilisé, quel que soit l’os. Par contre, si un implant sans pression, que le chirurgien-dentiste a contrôlé la biologie, et que le parodonte est compétent, quinze ans plus tard, il ne se passe rien, il n’y a aucune raison de rencontrer une péri-implantite.

Pour le Dr Choukroun l’immunité est donc obligatoire et il est possible de conclure que le stress oxydatif est à l’origine de la résorption.

Des présentations toutes aussi intéressantes, instructives les unes que les autres, et l’opinion du Dr Petitbois à la clôture du congrès était la suivante :

Le 5e congrès EURO IMPLANTO de Nice a été, cette année encore, malgré une conjoncture difficile, un grand succès, autant dans l’organisation que dans la qualité des conférences.
L’ensemble des participants a pu échanger et partager tout au long de ces deux jours de conférences (les 7 et 8 avril dernier) en compagnie de nos trente-sept conférenciers de renom, sans oublier les nombreux exposants venus de France et d’Europe, qui ont eu le plaisir de rencontrer et d’échanger avec l’ancien ministre de l’Industrie et maire de Nice Mr Christian Estrosi.

Cette année, les trois TP étaient tous au complet, organisés avec les Drs Sepher Zarrine, Laurent Bluche, Laurine Birault et Pierre Keller ont fait le bonheur des participants.

Fait notable, les 250 acteurs de ce succès ont bénéficié d’un dépistage diabète (en deux heures, deux-cent-vingt tests, dont douze positifs !)

Enfin, une belle soirée de gala à l’hôtel Négresco, placée sous le signe de l'amitié, a clôturé ces deux jours intenses et appréciés de tous. Nous sommes impatients de vous retrouver en 2024 !

 

Finalement, quelques conférenciers ont bien voulu nous dire pourquoi ils viennent à EURO IMPLANTO

Dr Joseph Choukroun
Médecin anesthésiste à Nice, spécialiste de la douleur, il a avec le Dr Schleicher, proposé le premier protocole du PRF (Plasma riche en fibrine – Platelet rich fibrin).

Ce n’est pas la première fois que vous participez au congrès EURO IMPLANTO, pourquoi est-il important pour vous ?
Ce congrès est un congrès où il y a toujours de très grands leaders d’opinion, français et étrangers, le niveau scientifique est très élevé, et c’est donc toujours un plaisir d’y participer, et la raison pour laquelle je reviens à chaque fois. Je ne suis jamais déçu.
L’aspect humain est également très important, la taille du congrès rend aussi très facile de rencontrer beaucoup de gens, et pour ma part, beaucoup d’amis, de gens que je connais. C’est un peu la famille qui se retrouve.

Pour les personnes qui n’ont pas pu assister au congrès, quels sont les points que vous aimeriez mettre en avant ?
Je voudrais partager un seul message car c’est aujourd’hui le message d’actualité. Le Covid nous a violement rappelé que si les chirurgiens-dentistes veulent réussir leur ostéo-intégration, il faut que leurs patients aient un système immunitaire efficace. Car aujourd’hui, l’ostéo-intégration dépend quasiment entièrement, de la compétence du système immunitaire.

Dr Nicolas Boutin

Pourquoi avez-vous accepté de donner une conférence à EURO IMPLANTO ?
EURO IMPLANTO est tout d’abord une longue histoire d’amitié avec Renaud Petitbois que je connais depuis vingt ans.

Qu’aimeriez-vous partager avec les praticiens qui n'ont pu assister au congrès ?
Le flux numérique aujourd’hui dans la chaîne du traitement implantaire global, est quelque chose qui fonctionne, qui est au point, mais il ne faut pas se laisser embarquer dans ce flux complet que l’on a l’impression de nous imposer. Beaucoup de praticiens me disent que lorsqu’ils assistent à des conférences, ils ne se sentent pas au niveau car ils n’appliquent pas tout de A à Z.
Je pense qu’aujourd’hui, il faut savoir choisir les outils en fonction de son activité, en fonction de ce que l’on aime faire.
J’ai parlé de l’empreinte numérique. Cela fonctionne mais pas sur tous les cas, et c’est la raison pour laquelle nous avons beaucoup travaillé pour essayer de pousser les indications plus loin que ce que l’empreinte était capable de faire. Tous ces outils fonctionnent donc, mais ils nécessitent un gros travail d’apprentissage, un gros travail de relations avec le laboratoire de prothèses, et lorsque on les maîtrise ils donnent au praticien un gain énorme pour le traitement du patient.

Dr Guillaume Odin
Chirurgien maxillo-facial, son activité exclusivement dédiée à la face et au cou, est consacrée à la prise en charge de l’ensemble des atteintes pathologiques, traumatiques et posttraumatiques, ou liées aux effets du vieillissement, tant sur le plan fonctionnel que morpho-esthétique. Dr Odin est professeur à l’institut de la face et du cou de Nice et responsable du diplôme universitaire d’implantologie basale de la faculté de médecine de Nice.

Dr Odin, pourquoi venir à EURO IMPLANTO ?
Il y presque vingt ans, avant EURO IMPLANTO, nous avions avec Gérard Scortecci, organisé l’équivalent de ce congrès : le Forum d’implantologie basale, à la faculté de médecine de Nice, suite à notre DU d’implantologie. À l’époque il y avait les Journées dentaires de Nice, l’ADF, mais pas d’événements ciblés en implantologie et surtout en implantologie basale. Le Forum d’implantologie basale avait très bien marché et puis Gérard a créé EURO IMPLANTO. Je ne suis pas dentiste, je viens par amitié.

Une ou deux points essentiels de votre présentation que vous aimeriez partager ?
En 2003, lorsque nous avions de grosses reconstructions à faire, nous faisions la greffe osseuse. Puis le temps a passé, je suis chirurgien maxillo-facial, formé à la greffe, je me rends compte vingt ans plus tard que l’on peut faire autre chose.
Aujourd’hui, nous savons très bien que plus on fait de gestes pré-implantaires, plus on fait de greffes osseuses avant même de commencer, plus on est délétères pour les patients. Et puis plus les cas sont atrophiques, moins il y a d’os, moins il faut en greffer. À mon avis, il faut réserver les greffes pour les petits cas où il y a de très bonnes indications, les secteurs latéraux par exemple.
L’édentation totale que l’on veut réhabiliter c’est possible, mais, trois fois plus lourd, trois fois plus délétère, trois fois plus risqué, trois fois plus cher, pour un résultat qui est le même, donc pour moi, ce n’est pas un choix. En conclusion, qui dit inflammation dit oxydation, qui dit oxydation dit résorption.

Dr Anne Benhamou
D.U. de réparation juridique du dommage corporel, D.U. d’implantologie chirurgicale et prothétique. Attachée d’enseignement de la faculté de Paris VII. Fondatrice et présidente du symposium national d’implantologie au féminin.

Dr Benhamou, pourquoi avoir choisi de donner une conférence à EURO IMPLANTO ?
Parce que c’est un congrès que j’aime, qui rassemble beaucoup de conférenciers et permet de faire un point sur toutes les phases de l’implantologie d’aujourd’hui. C’est un congrès qui est à taille humaine, où nous pouvons discuter et faire avancer les choses.

Quels sont les points principaux à retenir de votre présentation ?
Pour pouvoir faire de l’implantologie esthétique il faut simplifier, peaufiner les protocoles, car on ne peut pas se permettre d’erreurs pour les sourires

Dr Amélie Mainjot
Professeur universitaire à liège dans le département de prothèse fixe est dans l’unité de recherche en biomatériaux dentaires.

Vous venez de Belgique, pourquoi le congrès EURO IMPLANTO ?
Parce que c’est l’occasion de retrouver des collègues et des amis. Ce que j’aime à EURO IMPLANTO, c’est la convivialité et avec cette édition, post Covid, c’est le fait de pouvoir retrouver les gens, se rencontrer à nouveau mais aussi de retrouver des salles de participants avec lesquels on peut vraiment communiquer et non au travers des webinaires de ces dernières années. On savoure plus qu’avant le plaisir de voyager et d’aller à la rencontre d’autres collègues, praticiens.

Quels sont les points forts de votre présentation que vous souhaiteriez partager ?
Je pense que l’évolution des technologies et matériaux va nous conduire à une simplification des protocoles de traitement dans le futur.
Le protocole que j’ai présenté permet aux patients de ressortir le jour même de leur chirurgie, avec une couronne définitive d’usage placée sur l’implant qui vient d’être posé. C’est un protocole qui est encore à l’état d’étude mais je pense qu’il représente vraiment bien la simplification des protocoles qui sont liés à l’apparition de nouveaux matériaux.
Un autre highlight de ma conférence c’est aussi le concept biomécanique qui est derrière ces biomatériaux. Le fait je pense qu’il est nécessaire dans certaines indications, notamment chez les bruxeurs mais également en implantologie, lorsque l’on veut préserver l’implant des stress occlusaux, de choisir des matériaux qui vont absorber ces stress, qui vont être capables de se déformer et de ne pas transmettre les contraintes occlusales à l’implant, ce qui peut lui être néfaste. C’est donc tout l’avantage des matériaux dont j’ai parlé : les PICNs ou « céramiques hybrides ».

Et donc comme vous en avez-parlé, ne pas prendre automatiquement la zircone ?
En effet, elle est très rigide et n’a pas de capacité à se déformer. Elle va donc transmettre les stress à la sous-structure qui est l’implant ou la dent.
Il n’y a pas un matériau qui est universel. La zircone a de bonnes indications en implantologie esthétique, mais il ne faut pas l’appliquer à toutes les sauces. Il faut choisir le matériau en fonction du cas clinique.

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