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La santé bucco-dentaire, toujours en marge des politiques de santé ?

La consultation reste un moment clé pour informer les patients et renforcer la prévention en santé bucco-dentaire. (Image : we.bond.creations / Adobe Stock)

jeu. 18 décembre 2025

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Réunir parlementaires, autorités sanitaires, praticiens, industriels et associations de patients au Palais du Luxembourg n’est jamais anodin. En organisant, le 15 décembre dernier, les « Rencontres de la santé bucco-dentaire », le COMIDENT a voulu replacer la santé orale au cœur du débat public, dans un contexte où elle reste encore trop souvent reléguée au second plan des politiques de santé en France.

La thématique choisie — Prévention, sécurité, financement : la santé bucco-dentaire en danger ? — résume à elle seule les tensions qui traversent aujourd’hui la profession. Malgré les avancées observées ces dernières années, le diagnostic dressé lors des échanges reste préoccupant : prévention insuffisante, accès aux soins inégal, régulation parfois complexe et vigilance accrue nécessaire face aux produits non conformes.

Les données issues de la troisième édition du baromètre COMIDENT–UFSBD, présenté à cette occasion, confirment ce constat. Les urgences demeurent le premier motif de consultation, révélant un suivi encore trop souvent tardif. Près de 92 % des chirurgiens-dentistes estiment que leurs patients manquent de connaissances pour prévenir les maladies parodontales, et 60 % constatent que le lien entre santé bucco-dentaire et santé générale reste mal identifié. Autant de signaux qui interrogent l’efficacité des dispositifs actuels d’information et de prévention.

Pour autant, le tableau n’est pas exclusivement sombre. Le déploiement progressif des nouveaux examens bucco-dentaires, déjà intégrés dans la pratique courante par près de deux praticiens sur trois, témoigne d’une dynamique positive. De même, l’arrivée annoncée des assistants en santé bucco-dentaire est largement perçue comme un levier structurant : 80 % des professionnels interrogés y voient un potentiel de transformation durable de l’organisation des soins, au service d’une prévention renforcée et d’un meilleur accompagnement des patients.

Les discussions ont également mis en lumière l’évolution rapide des modes d’approvisionnement. Si les plateformes en ligne offrent de nouvelles opportunités, elles posent aussi la question de la traçabilité et du respect du marquage CE. Dans ce contexte, la sécurisation de l’accès à des dispositifs médicaux conformes devient un enjeu central, tant pour la sécurité des patients que pour la responsabilité des praticiens.

Au-delà des constats, ces rencontres ont surtout souligné la nécessité d’une vision d’ensemble. Comme l’a rappelé Olivier Lafarge, président du COMIDENT, l’intégration pleine et entière de la santé bucco-dentaire dans les plans de santé globaux reste à construire. L’annonce de travaux à venir au niveau de la Direction générale de la Santé pourrait marquer une étape importante vers l’élaboration d’une véritable stratégie nationale.

Reste à savoir si cette mobilisation collective se traduira, à court et moyen terme, par des décisions concrètes et durables. Pour la profession, l’enjeu est clair : faire reconnaître la santé bucco-dentaire non comme un domaine périphérique, mais comme un pilier à part entière de la santé publique.

 

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