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Un composé d’origine végétale pourrait constituer un adjuvant non antibiotique dans le traitement parodontal

La morine, un composé naturel, peu coûteux et facilement accessible, a récemment démontré un potentiel pour le traitement des maladies parodontales. (Image : Negro Elkha/Adobe Stock)

jeu. 8 janvier 2026

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SÃO PAULO, Brésil : Les thérapies d’origine végétale suscitent un intérêt croissant en odontologie. Une étude récente a évalué la morine, un flavonoïde naturellement présent dans les fruits, les légumes, certaines herbes et d’autres plantes, pour ses effets anti-inflammatoires, antioxydants et antimicrobiens contre les agents pathogènes parodontaux. Testée seule ou intégrée dans une formulation polymère à libération prolongée, la morine a démontré une activité renforcée, qui pourrait soutenir la prise en charge parodontale non chirurgicale, et offrir une alternative aux antibiotiques dans le traitement des infections parodontales.

Malgré le recours fréquent à des antibiotiques locaux en adjuvant pour traiter les poches parodontales résiduelles et les lésions de furcation, leurs bénéfices restent transitoires et la menace croissante de la résistance aux antibiotiques en réduit la valeur clinique. Cette dépendance souligne la nécessité d’explorer des adjuvants non antibiotiques, capables d’améliorer les résultats thérapeutiques et la stabilité à long terme dans la prise en charge de la parodontite.

Analyse de la morine en laboratoire

Cherchant à exploiter ses propriétés naturelles pour la prévention et le traitement des caries dentaires et des maladies parodontales, des chercheurs de la faculté d’odontologie d’Araraquara de l’université d’État de São Paulo ont testé la morine à l’aide d’un modèle in vitro de biofilm multiespèces reproduisant les effets de la parodontite sur le tissu gingival. Selon l’auteur principal, le Dr Luciana Solera Sales, chercheuse au département de morphologie et de médecine clinique pédiatrique de l’université, l’apport alimentaire en morine par la consommation de fruits est insuffisant pour produire des effets thérapeutiques.

Dans l’étude, la morine seule comme sa formulation à base de polymère ont toutes deux réduit de manière significative les marqueurs inflammatoires, diminué le stress oxydatif et abaissé l’activité de gènes clés des cytokines. En outre, elles ont toutes deux réduit la survie microbienne ainsi que la biomasse du biofilm.

Surmonter les défis liés à l’administration du composé

Bien que prometteurs, les composés naturels tels que la morine se heurtent à des défis d’application orale en raison de leur faible solubilité dans l’eau et de leur élimination rapide par la salive. Pour y remédier, le Dr Luciana Solera Sales a développé et testé, au cours de sa recherche de doctorat, différents systèmes d’administration orale de la morine, aboutissant finalement à une poudre fine, semblable au lait en poudre, pouvant être incorporée dans divers produits d’hygiène bucco-dentaire. « J’ai préparé une solution contenant de l’alginate de sodium et de la gomme gellane, afin d’encapsuler la morine dans un système à libération contrôlée, déjà largement utilisé pour les médicaments mais encore peu répandu en odontologie », a indiqué le Dr Sales.

« Cette libération contrôlée nous aide également à maîtriser la toxicité et la stabilité de la substance », a expliqué le co-auteur, le Dr Fernanda Lourenção Brighenti, elle aussi chercheuse au sein du département. Elle a également souligné l’intérêt potentiel de cette formulation à base de polymère pour les personnes ayant des capacités motrices limitées, telles que les personnes âgées ou les patients en situation de handicap, qui rencontrent souvent des difficultés dans le contrôle de la plaque.

Vers une application clinique

En testant la morine dans le traitement parodontal, les chercheurs ont cherché à développer une alternative évitant les effets indésirables des produits adjuvants existants, tels que l’altération du goût, l’augmentation de la formation de tartre et la coloration des dents. Les premiers résultats sont prometteurs, non seulement pour réduire la croissance du biofilm, mais aussi potentiellement pour éviter la décoloration des dents.

Nous avons observé à l’œil nu que le biofilm in vitro traité avec la morine en laboratoire est moins coloré que lorsqu’il est traité sous sa forme libre. Il est donc possible qu’il y ait un avantage, que ce système aide à prévenir la décoloration dentaire. Il nous faut également vérifier, par exemple, si la morine préserve l’équilibre de la cavité buccale, car il n’est pas souhaitable d’éliminer toutes les bactéries de la bouche des patients », a conclu le Dr Brighenti.

L'étude, intitulée « Anti-inflammatory, antioxidant, and antimicrobial evaluation of morin »,  a été publiée en ligne dans le numéro d’octobre 2025 d’Archives of Oral Biology.

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