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Une étude révèle que l’apnée obstructive du sommeil est un facteur de risque de la Covid-19

By Iveta Ramonaite, Dental Tribune International
January 04, 2021

TURKU, Finlande : Au cours de la première vague de la pandémie, le nombre d'hospitalisations dues à des infections par le SARS-CoV-2 était relativement faible en Finlande par rapport au reste du monde. Les hôpitaux n'étaient pas surchargés de patients nécessitant des soins intensifs, aussi les chercheurs ont eu le temps d'examiner la relation de la Covid-19 à d'autres maladies. Ainsi, les chercheurs de l'hôpital universitaire de Turku et de l'université de Turku ont pu étudier le lien de cette nouvelle maladie avec l'apnée obstructive du sommeil (AOS). Selon leurs conclusions, l'AOS pourrait être un facteur de risque aggravant d'infection au SARS-CoV-2, et les patients atteints d'AOS pourraient développer des formes plus graves de la Covid-19 s'ils sont infectés.

L’AOS obstrue partiellement ou complètement le flux des voies respiratoires pendant le sommeil, ce qui entraîne une diminution du taux d'oxygène dans le sang ainsi qu'un arrêt temporaire de la respiration. La maladie se caractérise entre autres par une somnolence diurne excessive et des ronflements forts ou fréquents. Diverses études ont rapporté que l'AOS est plus répandue chez les hommes que chez les femmes et que les risques de développer la maladie augmentent avec l'âge et l'obésité.

Selon une étude publiée dans The Lancet l'année dernière, 936 millions d'adultes âgés de 30 à 69 ans souffrent d'apnée obstructive du sommeil (AOS) légère à sévère et 425 millions d'adultes âgés de 30 à 69 ans souffrent d'AOS modérée à sévère dans le monde. Selon la même source, la prévalence la plus élevée de l'AOS a été observée en Chine, aux États-Unis, au Brésil et en Inde, respectivement.

Pendant la première vague de la pandémie, la Finlande a été relativement épargnée à la pandémie et a réussi à maintenir les taux d'infection par le SARS-CoV-2 à un niveau assez bas. (Photo : Igor Grochev/Shutterstock)

Comme l'indique le site web de la Sleep Foundation.org, l’AOS affecte l'équilibre en oxygène du corps . S'il n'est pas traité, il peut augmenter le risque de divers problèmes cardiovasculaires, tels que l'hypertension artérielle, les maladies cardiaques, la crise cardiaque, et les accidents vasculaires cérébraux. Il est intéressant de noter qu'une étude récente a également établi un lien entre l'AOS et la Covid-19.

Comme l'indique le site web de la Sleep Foundation.org, l’AOS affecte l'équilibre en oxygène du corps. S'il n'est pas traité, il peut augmenter le risque de divers problèmes cardiovasculaires, tels que l'hypertension artérielle, les maladies cardiaques, la crise cardiaque, et les accidents vasculaires cérébraux. Il est intéressant de noter qu'une étude récente a également établi un lien entre l'AOS et la Covid-19.

La maladie Covid-19 a été au centre de toutes les attentions cette année. Elle a été associée à diverses pathologies et a affecté les gens tant physiquement que mentalement. Les personnes en bonne santé craignent d'être infectées par le SARS-CoV-2 en raison de l'incertitude qui entoure les effets néfastes qu'il peut avoir sur la santé. De plus, les personnes souffrant de maladies sous-jacentes comme le diabète ou de maladies inflammatoires comme la parodontite sont plus exposées à un risque de développer des formes graves de l'infection par le SARS-CoV-2 et doivent prendre toutes les précautions possibles pour éviter le virus. Cela ajoute à la pression et à l'anxiété croissantes qui entourent la maladie.

La présente étude

Selon l'étude, le sud-est de la Finlande a connu un total de 278 infections par le SAS-CoV-2 au printemps 2020, lors de la première vague de la pandémie. Sur ce total, 28 patients ont été hospitalisés à l'hôpital universitaire de Turku le 3 mai et placés en soins intensifs. Les chercheurs ont ensuite étudié les facteurs de risque qui ont contribué à la forme grave du coronavirus et la nécessité de soins intensifs.

« L'idée derrière cette étude était le besoin d'informations en temps réel sur la Covid-19 », a déclaré dans un communiqué de presse le Dr Thijs Feuth, premier auteur et médecin du département des maladies pulmonaires de l'hôpital universitaire de Turku. « Nous avons rapidement observé qu'il y avait un certain nombre de cas d'apnée du sommeil chez les patients », a-t-il ajouté.

Les résultats ont montré que 29% des patients en soins intensifs avaient été diagnostiqués comme souffrant d'AOS dans cette étude. Ce chiffre est significatif puisque, selon les chercheurs, seulement 3,1 % de la population totale du sud-ouest de la Finlande est actuellement traitée pour l’apnée du sommeil.

« En principe, un patient peut avoir besoin de soins hospitaliers lorsqu'il est atteint d'une infection Covid-19 s'il souffre également d'apnée du sommeil »
- Dr Thijs Feuth, Hôpital universitaire de Turku

Bien que l'échantillon de l'étude soit petit, le Dr Feuth a commenté que les résultats justifiaient de considérer l'apnée du sommeil comme un facteur de risque d'infection par le SARS-CoV-2. « En principe, un patient peut avoir besoin de soins hospitaliers lorsqu'il est atteint d'une infection par la Covid-19 s'il souffre également d'apnée du sommeil. L'apnée du sommeil anticipe une forme grave Covid-19 », a expliqué le Dr Feuth.

Explorer plus avant le lien entre l'AOS et la Covid-19

Des études similaires sont en cours pour approfondir la recherche sur le lien entre les deux maladies. Il a déjà été prouvé que la Covid-19 et l'AOS partagent des comorbidités telles que l'obésité, l'hypertension et le diabète de type 2, qui sont toutes des facteurs de risque de mauvais résultats cliniques chez les patients atteints de coronavirus. Compte tenu de ces comorbidités communes, une étude systématique qui sera publiée en février 2021 indique qu'il est d'une importance capitale de veiller à ce que les patients atteints d'AOS reçoivent un traitement efficace de pression positive continue des voies aériennes s'ils sont infectés par le SARS-CoV-2.

Les auteurs de l'examen systématique ont écrit que, dans la majorité des études examinées, il était impossible de déterminer si l’apnée du sommeil est simplement une comorbidité associée à la morbidité et à la mortalité liées à la Covid-19 ou s'il s'agit d'un facteur de risque indépendant de mauvais résultats de la Covid-19. « Pour aller de l'avant, il est nécessaire de revoir les lignes directrices afin que, à mesure de l’acquisition de nouvelles connaissances, les meilleures pratiques pour le diagnostic et le traitement des troubles du sommeil dans ces conditions restrictives de pandémie puissent être développées », peut-on lire dans la revue.

Bien que le lien entre l'AOS et la Covid-19 soit peu connu, les auteurs de l'étude ont noté que les patients chez qui on a diagnostiqué les deux pathologies mais qui attendent toujours un traitement devraient être considérer prioritaires pour atténuer une éventuelle augmentation du risque sanitaire.

L'étude réalisée par des chercheurs de l'hôpital universitaire de Turku et de l'université de Turku, intitulée « Is sleep apnea a risk factor for Covid-19? findings from a retrospective cohort study », a été publiée en ligne le 22 octobre 2020 dans Sleep Medicine and Disorders: International Journal.

 

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