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Une mauvaise santé parodontale associée à un risque accru de démence

Une nouvelle étude a révélé qu’un état parodontal moins favorable était associé à un risque accru de démence chez les personnes âgées au Japon. (Image : glowonconcept/Adobe Stock)

mer. 28 octobre 2026

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Une mauvaise santé bucco-dentaire fait l’objet d’un intérêt croissant dans les recherches sur la démence. outefois, les études longitudinales portant spécifiquement sur la parodontite ont abouti à des résultats contrastés. Au Japon, des chercheurs ont analysé des données longitudinales, afin d’étudier le lien entre l’état parodontal et la risque ultérieur de démence. Grâce à des évaluations parodontales répétées et à une analyse des différents types de démence, cette étude comble certaines lacunes de travaux antérieurs et apporte des éléments plus précis sur cette association.

Les troubles cognitifs pouvant se manifester plusieurs années avant le diagnostic de démence et contribuer eux-mêmes à une détérioration de la santé bucco-dentaire, un suivi à long terme est essentiel pour prendre en compte le risque de causalité inverse. Les chercheurs ont donc analysé les données de l’étude Hisayama, une étude de cohorte prospective en population générale toujours en cours. Au total, 1 396 adultes âgés de 60 ans et plus, ne présentant aucun signe de démence au début de l’étude, on été suivis pendant une période allant jusqu’à dix ans.

Au cours des dix années de suivi, environ un participant sur cinq a développé une démence. La majorité étaient attribué à la maladie d’Alzheimer, tandis que les autres relevaient de la démence vasculaire, une forme de démence liée à une altération de la circulation sanguine cérébrale. Après une prise en compte des résultats attribués aux facteurs démographiques, sanitaires et liés au mode de vie susceptibles d’influencer le risque de démence, les chercheurs ont constaté qu’une profondeur moyenne plus importante des poches parodontales, une perte d’attache plus marquée et un saignement au sondage plus important au début de l’étude, étaient chacun associés à un risque plus élevé de démence. Le saignement au sondage était également associé à la maladie d’Alzheimer. En revanche, les résultats relatifs à la démence vasculaire étaient variables et ne permettaient pas d’établir une association claire.

L’un des points marquants de cette étude réside dans la réévaluation de l’état parodontal des participants après cinq ans. En intégrant ces nouvelles mesures à leur analyse, les chercheurs ont constaté qu’une profondeur accrue des poches parodontales, une perte d’attache plus importante et un saignement au sondage plus marqué restaient associés au risque de démence, toutes formes confondues. Dans les analyses actualisées, ces trois paramètres étaient également associés à la maladie d’Alzheimer, mais aucun ne présentait d’association avec la démence vasculaire.

Les chercheurs ont également examiné la possibilité d’une causalité inverse, en cherchant à déterminer si un déclin précoce des fonctions cognitives pouvait entraîner une détérioration de l’état parodontal avant même le diagnostic de démence. Pour cela, ils ont répété leurs analyses en excluant d’abord les cas de démence diagnostiqués au cours des deux premières années, puis ceux diagnostiqués au cours des trois premières années du suivi. Les résultats sont restés globalement similaires après exclusion des cas diagnostiqués durant les deux premières années. En revanche, après exclusion des cas survenus au cours des trois premières années, certaines associations se sont atténuées. Le saignement au sondage restait néanmoins associé au risque global de démence, ainsi qu’à celui de maladie d’Alzheimer.

Selon les auteurs, l’inflammation parodontale chronique pourrait favoriser une inflammation systémique, susceptible d’entraîner des modifications vasculaires affectant le cerveau. Toutefois, une revue récente souligne que la causalité inverse demeure un enjeu majeur dans l’interprétation des liens entre santé bucco-dentaire et démence. Elle suggère également que les difficultés à s’alimenter et à parler pourraient limiter les interactions sociales et favoriser l’isolement social, reconnu comme un facteur de risque modifiable de démence.

Ces résultats viennent compléter les conclusions d’études longitudinales antérieures ayant établi un lien entre une mauvaise santé parodontale, la perte des dents et le déclin cognitif ou la démence. Une revue systématique avec méta-analyse publiée en septembre a également mis en évidence des associations modestes entre la parodontite et la perte des dents, d’une part, et la démence et les troubles cognitifs légers, d’autre part.

L’étude, intitulée « Periodontal status and the risk of all-cause dementia, Alzheimer’s disease and vascular dementia in a community: The Hisayama Study » a été publiée le 16 août 2026 dans le Journal of Clinical Periodontology.

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