Dental Tribune France

À l’aube de l’intelligence artificielle, comment tirer profit de la technologie pour garder la main sur nos traitements

By Dr Luc Manhès & Dr Guillaume Fougerais
May 10, 2016

Nous passons beaucoup de temps avant de réaliser une chirurgie implantaire pour convenir d’un emplacement idéal de nos implants, par rapport aux exigences prothétiques, esthétiques et anatomiques. Une fois ces étapes réalisées nous sommes convaincus du bénéfice que le patient obtiendra grâce à ce plan de traitement, et pourtant nous enchaînerons différents gestes à main levée, qui accumuleront petit à petit une somme de déviations, aboutissant à un résultat plus ou moins éloigné de notre projet idéal.

Nous n’avons plus à justifier l’intérêt majeur qu’apporte la chirurgie guidée pour éviter ceci. Pourtant, son utilisation pour certains, ou sa systématisation, pour d’autres, n’est toujours pas d’actualité. Est-ce une pratique réservée à une élite ? Les protocoles de mise en place sont-ils trop fastidieux ou tout simplement, l’utilisation régulière est-elle difficile à incorporer dans nos agendas ? Nous utilisons la chirurgie guidée depuis près de 15 ans, ce qui nous a permis d’en connaître parfaitement les différents rouages et d’être convaincus de ses bienfaits. Pourtant l’ensemble de nos patients n’en bénéficie pas. Avons-nous des patients plus importants que d’autres ?

Aujourd’hui nous pouvons enfin remédier à ce dilemme, en traitant l’intégralité de la chaîne numérique implantaire au cabinet ; de la planificationen passant par les empreintes optiques, jusqu’à l’usinage des guides, pour des chirurgies systématiquement guidées. C’est ce dernier maillon de la chaîne qui manquait à notre organisation, et permet maintenant d’usiner des guides complets, de grande précision, avec simplicité, sans pour autant bouleverser nos habitudes. Nous allons enfin assister à une démocratisation de la chirurgie guidée, pour le plus grand bien de nos patients, grâce à une technologie au service de l’homme et non l’inverse.

Évidemment, cette chaîne numérique,ne pouvait être mieux servie que par une société complètement en phase avec l’évolution de notre exercice depuis plus de 30 années, le groupe Sirona.

Fondateur de la commercialisation de la CFAO pour l’art dentaire, puis la conception 3D et l’usinage d’élément céramique en cabinet grâce à l’empreinte optique depuis des décennies et enfin, pionnier dans l’examen radiographique 3D ou cone beam. C’est pour cela qu’une telle entreprise, grâce à ses chercheurs dédiés au développement de technologies pour le dentaire, a pu mettre au point avant tout le monde des passerelles très intéressantes, avec les différentes technologies qu’ils maitrisaient déjà.

embedImagecenter("Imagecenter_1_2269",2269, "large");

Ainsi, nous sommes arrivés à une véritable chaîne numérique, où depuis le diagnostic jusqu’à la finalisation d’un traitement, les différentes technologies numériques communiquent entre elles, pour parfaire le traitement de nos patients. Développons maintenant les détails de cette chaîne numérique, que nous illustrerons ensuite au travers de cas cliniques.

Le premier maillon est apporté par l’utilisation d’un cone beam qui ne fait plus de doute quant à l ‘apport qu’il génère pour garantir un diagnostic 3D très précis. Cet outil nous permet de visualiser parfaitement les particularités anatomiques des dents et de leur support osseux, mais aussi de poser plus facilement un pronostic sur des lésions infectieuses, des traumatismes radiculaires, afin d’éviter certains traitements voués à l’échec.

Quand nous nous dirigeons vers un traitement implantaire, nous faisons intervenir dans la même séance le deuxième maillon de la chaine, qui est la réalisation d’un projet prothétique virtuel parfaitement en adéquation avec l’occlusion du patient. Ce deuxième maillon est concrétisé par le CEREC qui grâce à sa caméra numérique, nous permet de faire une empreinte très précise (sans déformation parfois visible avec des matériaux d’empreinte ou suite à la coulée de maître modèle).

À partir de cette empreinte optique, nous pouvons réaliser un projet prothétique en 3D conforme à notre plan de traitement. Ensuite la communication facilitée par ces deux maillons d’un même fabriquant, Sirona, nous permet de synchroniser le projet prothétique et l’empreinte optique sur l’examen 3D de notre cone beam. À partir de là, nous allons pouvoir utiliser le troisième maillon numérique qui est la planification 3D, grâce au logiciel GALILEOS fournit avec le cone beam.

Cette planification numérique permet d’être extrêmement précis dans toutes les dimensions voulues, axiale, transversale, tangentielle ou encore sur un rendu volumique 3D ; et tout ceci par rapport à notre projet prothétique importé sur l’examen. Une fois cette planification implantaire obtenue, en accord avec toutes les données apportées par les études quant au positionnement implantaire 3D idéal, l’unique moyen ou plutôt le moyen le plus précis de transposer cette planification dans la bouche de nos patients, est un guide de chirurgie.

Notre expérience dans ce domaine nous permet aussi de valider aisément le grand intérêt qu’apporte la chirurgie guidée en implantologie dentaire. L’obstacle qu’amenaient des protocoles fastidieux pour faire réaliser ces guides, et maintenant balayé par le quatrième maillon de notre chaîne numérique, la conception et l’usinage du guide par le CEREC. Encore une fois, ce qui permet de garantir une grande précision dans le transfert de notre planification avec le positionnement de l’implant en bouche et la simplification de nos protocoles, c’est certainement la communication entre ces différents maillons numériques d’un même fabricant.

Ainsi, le fichier numérique obtenu à partir de la planification et de l’empreinte optique du projet prothétique est transféré à nouveau dans le CEREC. Celui-ci propose directement un modèle de guide en 3D où la douille de perçage est automatiquement positionnée par rapport à l’emplacement souhaité de notre implant, ainsi que la longueur de foret désirée.

À partir de cette proposition 3D du guide, nous pouvons très facilement modifier le volume du guide ainsi que la position de fenêtres d’inspections, pour contrôler le bon positionnement du guide en bouche. La chirurgie devient un véritable « bonheur » pour nos patients avec un gain de confort (moins d’élévation de lambeau, moins de sutures, moins de suites opératoires, intervention plus rapide), ainsi que pour le praticien (gain de sécurité, de rapidité, et surtout de précision).

La chirurgie terminée, conformément à notre planification, nous pouvons attendre l’ostéo-intégration ou choisir une mise en esthétique immédiate. Quelle que soit notre décision, l’étape prothétique fera appel au dernier maillon de cette chaine numérique, pour finaliser le traitement.

Ce cinquième maillon, est aussi obtenu grâce au CEREC, pour réaliser directement au cabinet la conception 3D d’un pilier implantaire et sa couronne, ou d’une couronne monobloc transvissée. Cette option prothétique retenue, le CEREC permet d’usiner nos éléments prothétiques dans des blocs de différents matériaux, céramiques ou hybrides.

Grâce aux interconnexions entre chaque maillon, la chaine numérique Sirona permet d’apporter une qualité de traitement remarquable, une grande sécurité, un gain de temps avec la possibilité, si nécessaire, de réaliser l’ensemble des étapes le même jour au cabinet. En ce qui concerne le CEREC guide 2, il faut préciser que c’est un guide en appui dentaire pour des édentements unitaires.

Deux constats :

·  L’intégralité des avantages que l’on observe pour des chirurgies guidées plurales est retrouvée dans les cas d’édentements unitaires guidés, avec une grande simplification des protocoles due au type d’appui dentaire qu’ont ces guides. 

·  En moyenne, 80 % des chirurgies implantaires dans les cabinets non spécialisés concernent la pose d’un seul implant. 


À partir de ce postulat, les seules résistances au développement de ce type de chirurgie guidée étaient la lourdeur des protocoles « surtout pour un seul implant » et le coût. Cette chaine numérique Sirona prend tout son sens maintenant, et la simplicité de mise en œuvre permet aux praticiens équipés, de franchir le pas en chirurgie guidée, avec une grande simplification des protocoles. Le résultat, un praticien acteur du début jusqu’à la fin, de son plan de traitement. 


Dans notre exercice, la chirurgie guidée occupe une grande partie, elle utilise des guides de chirurgies usinés par Sirona/Sicat en Allemagne pour les cas pluraux ; alors que pour les édentements unitaires, qui s’apparentent plus à une activité d’omnipratique, nous utilisons des CEREC guide 2, usinés directement au cabinet. Cette simplification des protocoles pour l’obtention d’un guide précis de chirurgie, a aussi considérablement fait évoluer notre activité. 


Comme à nos débuts, l’utilisation de guides pour des cas pluraux nous a permis de comprendre l’intérêt de cette technique, pour résoudre des cas moins étendus voir unitaire. Là aussi, d’abord utilisés pour sécuriser des cas unitaires complexes postextractionnels de faible volume osseux, ou encore dans le cas de risque anatomique, nous avons rapidement compris le bénéfice à systématiser ce type d’acte, même pour des situations cliniques dites simples.

Ainsi, nous pouvons constater que « comme par hasard », l’environnement biologique périimplantaire est parfait, l’axe implantaire est conforme au projet prothétique, permettant d’obtenir des piliers implantaires homothétiques, des embrasures adéquates, moins de tassements alimentaires pour nos patients, moins de piliers diminués et peu rétentifs pour rattraper des axes non cohérents ; plus de pérennité tissulaire, plus d’esthétique, plus de facilité à choisir des restaurations transvissées avec des puits de vis parfaitement centrés.

En conclusion, alors qu’on parle d’intelligence artificielle qui amènera sûrement beaucoup d’atouts dans le domaine médical, afin de rationnaliser les traitements, les optimiser ou encore les sécuriser, il nous semble très important d’apporter notre « sensibilité » dans le déroulement d’un plan de traitement implantaire, en justifiant d’une qualité irréprochable, grâce à l’apport de toutes les technologies formant les différents maillons de cette chaîne numérique et en conservant la main sur les différentes étapes pour une practician’s touch !_

Note de la rédaction: Cet article est paru dans le magazine DT Study Club, Vol. 4, Numéro 1/2016.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

© 2019 - All rights reserved - Dental Tribune International