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Pas de crise pour les banques… de cellules souches

Dr Alain CHANDEROT

Dr Alain CHANDEROT

mer. 17 février 2010

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À mesure que les technologies de réparation tissulaires s’affinent, que leurs applications redoublent, on constate que demeure encore invaincue la barrière immunologique et les phénomènes de rejet. La seule réponse à ce jour réside dans la filière des cellules autologues.

Ainsi, chacun peut, au moyen de ses propres cellules souches, voir se multiplier les divers tissus de remplacement dont il pourrait avoir besoin un jour ou l’autre. C’est comme cela que sont apparues les premières banques de cellules : d’abord celles qui emmagasinent les nombreuses génitrices du cordon ombilical (http://www.stembank.ch/home.aspx?ln=FRA&gclid=CMih6LWM3Z4CFVtn4wodyD8pIw), ou celles davantage orientées vers les cellules sanguines (http://www.biobanques.fr/spip/spip.php?article92.)

Les récents travaux sur le tissu adipeux, plein de promesses pour générer du matériau de comblement dans les pertes de substance molle et en chirurgie esthétique, ne manqueront pas de stimuler les laboratoires versés dans ces techniques (Sterodimas et coll. Jl Plastic reconstr., dec 2009,Tissue engineering with adipose-derived stem cells (ADSCs) : current and future applications). Pour ce qui est du domaine purement dentaire, on n’est pas en reste. Les dérivés du tissu parodontal, voire les restes de pulpe conservés dans la chambre des dents déciduales sont assez riches en cellules souches : on a appris à les reconnaître, les séparer, les dénombrer.

Par ailleurs, on sait depuis plusieurs années que ces cellules générées par la pulpe ou les tissus environnants sont cultivables au-delà de la limite dite de Hayflick : celle-ci, pour chaque type de tissu ou d’espèce exprime le nombre plafond de multiplications (mitoses) qu’ils sont aptes à produire. Cette notion est très importante au plan pratique, puisque chez l’homme, une cellule peut en moyenne en offrir 50, puis cesser de se dédoubler. En revanche, les cellules souches récoltées dans la bouche sont en mesure de dépasser cette limite, très largement, et donc aptes à fournir des contingents de tissus substantiels (Suchanek et coll. Acta Medica (Hradec Kralove), 2007 ;50(3) :195-201 : Human dental pulp stem cells–isolation and long term cultivation).

S’appuyant sur des travaux menés en Italie, et qui ont conduit leurs auteurs à reconstituer de l’os alvéolaire avec des éléments issus du tractus pulpaire et du parodonte de dent de sagesse autologue, et reconnaissant là une niche extrêmement favorable, des établissements spécialisés ont monté des formules comportant la réception, le comptage et l’évaluation de la viabilité des cellules. On leur adresse dans un flacon prévu à ces fins, par exemple la dent de sagesse que vous venez de vous faire avulser, sans endommager le tissu adhérent. Après analyse, un compte-rendu vous est adressé, donnant la quantité viable d’éléments précurseurs. Ces mêmes laboratoires proposent par la suite un abonnement qui vous autorise pour 2 000 € environ, de conserver prêtes à l’emploi, vos propres cellules pendant vingt ans (http://www.stemsave.com/stemsavesystempro.aspx).

Puisqu’on parle de reconstitutions avec des cellules autologues semées sur des architectures synthétiques, on peut évoquer également les derniers travaux comparatifs qui ciblent les recouvrements gingivaux par des fibroblastes produits en ingénierie génétique, et placés sur un substitut matriciel acellulaire (Jhaveri et coll. Journal of Periodontology on line Dec 3, 2009 : A cellular dermal matrix seeded with autologous gingival fibroblasts for the treatment of gingival recession – A proof of concept study). Les résultats en matière de recouvrement sont aussi bons qu’avec des greffons issus du tissu épithélial, et avec des suites opératoires moins traumatisantes.

D’Aquino et coll. eCells & Material, nov 2009, Volume No 18, pages 75-83 : Human mandible bone defect repair by the grafting of dental pulp stem/progenitor cells and collagen sponge biocomplexes
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