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Greffes du visage : des chercheurs examinent les développements au cours des neuf dernières années

By Dental Tribune International
May 15, 2014

BALTIMORE / NEW YORK, États-Unis : Des chirurgiens américains spécialisés en chirurgie plastique et reconstructrice, ont réalisé la première étude rétrospective de toutes les greffes du visage réalisées dans le monde entier à ce jour. En examinant 28 cas sur une période de neuf ans, ils ont conclu que la procédure est relativement sûre et de plus en plus réalisable. Dans l'ensemble, les transplantations faciales ont amélioré de manière significative, l'apparence physique et la vie sociale des patients gravement défigurés.

Les chercheurs ont examiné les résultats immunologiques, fonctionnels, psychologiques et esthétiques des transplantations faciales depuis la première intervention en 2005, réalisée en France sur une femme de 38 ans qui avait perdu des parties de son visage après avoir été mordue par un chien.

Selon les chercheurs, ces greffes présentent encore des risques et complications dus aux infections et aux médicaments immunosuppresseurs parfois toxiques. Tous les receveurs de transplantation du visage ont expérimenté un épisode de rejet aigu et de gravité variable, dans la première année suivant la transplantation. Cependant, il n’y avait aucun rejet chronique de leurs nouveaux organes et tissus. Onze patients ont développé des infections. Vingt cinq patients sont en vie aujourd’hui et les trois décès ont été attribués à des infections ou au cancer, mais pas directement à leurs greffes.

Les greffes étaient un énorme succès pour permettre à ces personnes de reprendre une vie normale après des défigurations qui leur causaient des problèmes sociaux, a noté l'équipe. Une restauration rapide de la rétroaction sensorielle a été rapportée de manière consistante. Alors que certains receveurs ont déclaré avoir des sensations thermiques dès trois mois après la chirurgie, une restauration satisfaisante de la sensation et de la capacité des patients à ouvrir et fermer leurs bouches ainsi qu’à bouger leurs lèvres, a souvent pris huit mois ou plus. À plus long terme, la capacité à sourire pouvait prendre jusqu’à deux ans après la transplantation.

La possibilité de parler de manière intelligible était signalée dans le mois suivant la transplantation chez quatre patients, et chez un autre patient, une amélioration significative de la déglutition, la respiration et l'odorat était notable immédiatement après la chirurgie. Les chercheurs ont également constaté que de nombreux patients pouvaient parler, boire et manger normalement deux ans après la chirurgie.

Psychologiquement, les chercheurs ont noté que la plupart des bénéficiaires étaient moins déprimés et avaient une meilleure image d’eux-mêmes. Dans l'ensemble, la chirurgie a améliorait leur qualité de vie, et plusieurs d’entre eux avaient repris le travail. Les préoccupations initiales au sujet d’un possible transfert d'identité dû au nouveau visage n'ont pas été évaluées.

Des médicaments puissants étant utilisés à un âge relativement jeune, pour prévenir le rejet d'organe et accélérer la réparation des nerfs et la croissance, une immunosuppression qui peut d‘être permanente et ses effets secondaires graves, tels que les infections, le cancer, la perte du greffon et la mort, sont les principales préoccupations soulevées vis à vis de la procédure. Les coûts élevés d’une transplantation, environ 300 000 dollars sont aussi sujet à débat.

Les chercheurs ont souligné que plusieurs procédures secondaires, y compris les implants dentaires et l'alignement de la mâchoire et des dents pour obtenir une occlusion optimale, étaient des procédures ordinaires chez les bénéficiaires d’une transplantation.

Afin d'améliorer la procédure et qu’elle puisse être utiliser plus facilement à l'avenir, l'équipe envisage de mener d'autres recherches, pour diminuer les problèmes d'immunosuppression et développer de meilleurs outils pour trouver les patients les mieux adaptés à la thérapie. Ils prévoient également d'étudier la possibilité d'effectuer des greffes de visage sur des enfants gravement défigurés.

L'étude comprenait 22 hommes et deux femmes. Les antécédents des patients étaient à la fois des morsures d'animaux, des accidents de tir avec armes à feu, et des brûlures graves, électriques ou suite à un incendie. La première greffe de visage a été réalisée avec succès, en Espagne en 2010, sur un homme de 35 ans qui s'était tiré une balle dans le visage par accident. Il y a deux ans, des chirurgiens de l'université du Maryland à Baltimore, ont greffé un visage entier sur un homme de 37 ans, Richard Lee Norris, qui était gravement défiguré après un accident par arme à feu. Tel que publié par Dental Tribune ONLINE à l'époque, ils avaient également transplanté avec succès, une langue, des dents, des maxillaires et une mandibule, ainsi que de la peau.

L'étude, intitulée « Facial Transplantation: The First 9 Years, » a été publiée en ligne, le 28 avril, dans la revue The Lancet. Elle a été réalisée au NYU Langone Medical Center à New York, en collaboration avec l’ University of Maryland Medical Center.

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