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Un chewing-gum à base de plantes réduit les micro-organismes buccaux associés aux cancers de la tête et du cou

Une formulation de chewing-gum issue de la bio-ingénierie a permis de réduire les concentrations de trois micro-organismes associés au carcinome épidermoïde de la tête et du cou, tout en préservant largement certaines bactéries commensales de la flore buccale. (images : Kevin Monko/Penn Dental Medicine)

jeu. 18 juin 2026

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PHILADELPHIE, États-Unis : Les cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx demeurent un défi clinique majeur. Un nombre croissant de données scientifiques établit par ailleurs un lien entre le microbiome oral et le développement, la progression ou la récidive du carcinome épidermoïde de la tête et du cou (HNSCC). Des chercheurs de la University of Pennsylvania School of Dental Medicine ont évalué si une formulation de chewing-gum à base de plantes pouvait réduire la présence de pathogènes buccaux associés au HNSCC. Selon leurs résultats, cette approche pourrait à terme être étudiée comme traitement adjuvant à administration locale visant à diminuer les facteurs de risque microbiens associés aux cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx.

Une partie de l’étude s’est concentrée sur la capacité du chewing-gum à réduire les niveaux oraux du papillomavirus humain (VPH). Expliquant les raisons de ce ciblage du VPH, le chercheur principal, le Dr Henry Daniell, professeur W.D. Miller et vice-président du département des sciences fondamentales et translationnelles à la University of Pennsylvania School of Dental Medicine, a déclaré à Dental Tribune International : « L’augmentation mondiale des cancers de l’oropharynx a été associée au VPH -16, un type de VPH à haut risque. Lorsque le virus s’intègre au génome humain, il peut déclencher des modifications carcinogènes. Il est donc important de réduire ou d’éliminer le VPH circulant avant son intégration. »

Le Dr Henry Daniell est professeur W.D. Miller et vice-président du département des sciences fondamentales et translationnelles à la University of Pennsylvania School of Dental Medicine (États-Unis).

Le Dr Henry Daniell est professeur W.D. Miller et vice-président du département des sciences fondamentales et translationnelles à la University of Pennsylvania School of Dental Medicine (États-Unis).

L’équipe de recherche a recueilli des échantillons de salive et de rinçage buccal auprès de patients atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou (HNSCC), puis les a exposés en laboratoire à des extraits préparés à partir du chewing-gum. La formulation de ce dernier contenait une protéine dérivée du haricot lablab (Lablab purpureus), capable de se lier aux virus et de les piéger, contribuant ainsi à empêcher leur pénétration dans les cellules hôtes. Cet effet antiviral a permis de réduire de manière significative la quantité de VPH détectable dans les échantillons.

Les chercheurs ont ensuite optimisé la formulation du chewing-gum en y ajoutant un peptide antimicrobien afin de cibler Porphyromonas gingivalis et Fusobacterium nucleatum, deux bactéries buccales impliquées dans le cancer de la cavité buccale ainsi que dans la progression du carcinome épidermoïde de la tête et du cou (HNSCC) et le pronostic de survie des patients. Lors d’expériences ex vivo, ils ont constaté que cette formulation réduisait de plus de 99 % la concentration de ces deux bactéries dans les échantillons de salive et de rinçage buccal. L’étude a également mis en évidence un impact limité sur certaines bactéries buccales non pathogènes sélectionnées.

Cette nouvelle étude s’inscrit dans la continuité des travaux antérieurs de l’équipe du Pr Henry Daniell sur les plateformes d’administration orale. Ces recherches avaient conduit au développement de chewing-gums antiviraux destinés à réduire les niveaux de SARS-CoV-2 dans la cavité buccale ainsi qu’à diminuer les charges virales du virus de l’herpès simplex et du virus de la grippe dans la bouche

Selon le Pr Henry Daniell, la prochaine étape consistera à évaluer cette approche dans le cadre d’essais cliniques, après obtention des autorisations réglementaires nécessaires. « Compte tenu de la réduction significative de ces agents pathogènes observée dans les études cliniques ex vivo, nous prévoyons de faire progresser le développement de chewing-gums antiviraux et antibactériens en vue de leur évaluation chez des patients atteints d’un carcinome épidermoïde de la tête et du cou, après autorisation par la US Food and Drug Administration d’une demande d’autorisation de nouveau médicament expérimental », a-t-il déclaré.

Les résultats de cette étude s’ajoutent à une littérature scientifique de plus en plus importante sur le rôle du microbiome oral dans les cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx. Des revues systématiques récentes ont notamment examiné la prévalence mondiale du HPV dans le carcinome épidermoïde de la cavité buccale et de l’oropharynx, ainsi que la valeur pronostique du microbiome oral.

L’étude, intitulée « Ex vivo HNSCC clinical studies using saliva and antiviral or antibacterial chewing gums reveal reduction in carcinogenic microbes  », a été publiée en ligne le 9 février 2026 dans Scientific Reports.

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