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Vers une harmonisation de la thérapie par aligneurs : consensus international

Un nouveau consensus international offre une perspective réaliste, étayée par les données probantes, sur la thérapie par aligneurs, en mettant en lumière à la fois son potentiel et ses limites. (Image : Михаил Решетников/Adobe Stock)

L’évolution rapide de la thérapie par aligneurs a souvent creusé un écart entre les résultats de la recherche et la pratique clinique quotidienne. Afin d’y remédier, la Société italienne d’orthodontie a commandé une étude Delphi visant à établir un consensus international clair sur les indications et les limites des aligneurs.¹ Ce projet ne s’adressait pas uniquement aux orthodontistes ; il a été conçu pour l’ensemble de la communauté dentaire ainsi que pour les patients, afin d’offrir une feuille de route réaliste sur ce que les aligneurs peuvent réellement permettre d’accomplir.

L’une des forces particulières de notre consensus réside dans sa diversité géographique. Nous avons réuni 23 experts issus de tous les continents, en veillant à équilibrer l’expertise universitaire et de recherche avec l’expérience clinique acquise dans des cabinets réalisant un grand nombre de traitements par aligneurs.

Bien qu’il soit presque impossible d’éviter les conflits d’intérêts parmi des experts qui interviennent comme conférenciers pour l’industrie et collaborent étroitement avec elle, nous avons cherché à garantir l’intégrité des résultats au moyen d’une méthodologie rigoureuse. Le comité de pilotage a formulé les énoncés, mais ce sont les panélistes qui les ont évalués et discutés de manière critique. Fait remarquable, bien qu’ils soient de grands utilisateurs d’aligneurs, les panélistes sont restés très objectifs, soulignant souvent les limites de ce dispositif plutôt que d’en faire une promotion excessive.

Dans les cas d’occlusion de Classe I avec un encombrement léger à modéré, notre consensus a montré que la thérapie par aligneurs constitue une alternative efficace aux appareils fixes. Bien qu’une revue systématique récente suggère que les aligneurs pourraient même surpasser les appareils fixes selon certains critères spécifiques, la prudence reste de mise.² Nombre de ces études sont rétrospectives et peuvent être entachées d’un biais de sélection. Selon notre analyse, les deux modalités présentent des avantages distincts : les aligneurs excellent dans la gestion de l’ancrage, en particulier pour le maintien des rapports molaires et canins, tandis que les appareils fixes éliminent la contrainte liée à l’observance du patient, qui demeure la principale cause d’échec de la thérapie par aligneurs.

“Le principal enseignement à retenir pour tout praticien — en particulier pour les chirurgiens-dentistes omnipraticiens — est la transparence.”

Une question fréquente parmi les praticiens est de savoir s’il convient de changer les aligneurs tous les sept, dix ou quatorze jours. Notre consensus suggère qu’il n’existe pas de réponse standard, car la thérapie par aligneurs est individualisée. La progression du traitement doit être adaptée à l’âge et à la biologie du patient, ainsi qu’aux mouvements spécifiques à obtenir.

Il faut être lucide quant aux limites des polymères. Les aligneurs sont moins prévisibles pour les mouvements complexes, tels que le torque radiculaire, le déplacement corporel et la correction des angulations des prémolaires ou des canines — un point validé par 91 % des membres de notre panel. Il ne s’agit pas nécessairement d’un défaut, mais d’une propriété intrinsèque des matériaux en comparaison avec les alliages métalliques. Pour surmonter ces contraintes biomécaniques, l’orthodontie évolue de plus en plus vers des approches hybrides. Celles-ci impliquent l’utilisation de mini-vis pour la gestion de l’ancrage ou d’appareils fixes sectionnels afin de corriger les rotations difficiles.

Le principal enseignement à retenir pour tout praticien — en particulier pour les chirurgiens-dentistes omnipraticiens — est la transparence. Si un plan de traitement comporte des mouvements imprévisibles, il convient d’expliquer au patient que le traitement peut nécessiter une longue série de phases de finition. C’est précisément là que le jugement orthodontique prend toute son importance : notre rôle ne consiste pas simplement à suivre des millimètres sur un écran, mais à mettre à profit notre expertise diagnostique afin d’intégrer les meilleurs outils disponibles au service du sourire de chaque patient.

Bien qu’un consensus ait été atteint sur de nombreux points, certaines questions demeurent controversées. Ce sont ces domaines qui devraient faire l’objet des recherches futures.

 

Note éditoriale:

Cet article a été initialement publié dans le magazine aligners—international magazine of aligner orthodontics vol. 5, issue 1/2026.

 

Références

  1. D’Antò V, Oliva G, Nieri M, Clauser T, Statie MD, Nucci L, Caruso S, Castroflorio T, Chang S, Graf S, Grassia V, Haubrich J, Henrikson T, Huanca Ghislanzoni L, Kaku JK, Kristensen KD, Lione R, Lozano J, Ludwig B, Mah J, Meade M, Monteiro PC, Retrouvey JM, Sabouni W, Schwarze J, Souki B, Uribe F, Vaiid N, Weir T, Franchi L. Indications and limits of clear aligner therapy: an international modified Delphi consensus study. Prog Orthod. 2025 Aug 4;26(1):28. doi:10.1186/s40510-025-00575-1.
  2. Alhafi ZM, Hajeer MY, Alam MK, Jaber ST. Quality and stability of orthodontic treatment outcomes with clear aligners versus fixed appliances: a systematic review and meta-analysis. Eur J Orthod. 2025 Oct 16;47(6):cjaf091. doi: 10.1093/ejo/cjaf091.
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